Visite de l’ambassadeur de France au Cameroun dans le Septentrion (13-15 oct. 2016)

Gilles THIBAULT, Ambassadeur de France au Cameroun, a effectué avec plusieurs de ses collaborateurs un déplacement dans l’Extrême-Nord, le Nord et l’Adamaoua du 13 au 15 octobre 2016.

A l’occasion de cette mission, il s’est entretenu avec les gouverneurs des trois régions, les représentants des autorités administratives et des forces de défense et de sécurité. Il a pu également visiter un certain nombre de projets humanitaires et de développement soutenus ou réalisés par la France ainsi que l’Alliance Française et Ecole « Le Tinguelin » de Garoua. Enfin, ce déplacement a permis à chaque étape de rencontrer la communauté française et les acteurs humanitaires français sur le terrain.

Cette visite a été l’occasion de rappeler l’engagement de la France aux côtés du Cameroun contre Boko Haram, l’assistance qu’elle apporte aux réfugiés nigérians et déplacés camerounais et les projets de développement qu’elle mène en faveur des populations de ces trois régions sur financement des contrats de désendettement et de développement (C2D).

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Extrême-Nord

Après avoir rencontré le Gouverneur puis le Délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Maroua, Gilles Thibault a visité le 13 octobre le camp de réfugiés de Minawao. Accueilli par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et l’ONG française Première Urgence – Aide Médicale International, gestionnaire du camp, il a pu faire la visite du centre de santé du site et des entrepôts du PAM et échanger avec les représentants des réfugiés.

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Il s’est ensuite rendu à l’hôpital de Mokolo pour visiter le projet pédiatrie et nutrition de l’ONG française ALIMA. Cette opération est financée par la coopération française et vise à l’amélioration de la prise en charge pédiatrique et nutritionnelle des enfants camerounais et réfugiés de la région.

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Nord

Le 14 octobre, l’Ambassadeur a rallié Garoua par la piste longeant la frontière du Nigéria. Il a ainsi pu se rendre compte sur place des conditions de déplacement et de sécurité et de l’activité des villages de la zone frontalière. A Garoua, l’Ambassadeur a rencontré le Gouverneur avant de se rendre, en compagnie du Délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Garoua, sur le site de projets financés par le C2D dans le cadre du programme urbain des capitales régionales.

Le programme « Capitales Régionales »

Le programme « Capitales Régionales » a pour objectifs :
- D’améliorer l’accès aux services urbains de base, le cadre urbain, l’image et le développement économique des villes ;
- De participer à la création de revenus pour les communautés urbaines ;
- De renforcer les capacités des communautés urbaines.
Cinq villes du Cameroun sont ciblées par ce programme : Maroua, Garoua, Bertoua, Bamenda et Bafoussam

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Gilles Thibault a ensuite rencontré les parents et les élèves de l’école « Le Tinguelin », où il a pu s’entretenir avec le Directeur et le Comité de Gestion de l’Alliance française de Garoua.

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Adamaoua

Le périple de l’Ambassadeur dans le Septentrion s’est achevé le 15 octobre dans la capitale de l’Adamaoua, Ngaoundéré, où après une rencontre avec le Gouverneur, il a visité une exploitation agricole ainsi qu’un centre de formation aux métiers agricoles soutenus par leprogramme d’appui à la rénovation et au développement de la formation professionnelle dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (AFOP).

Programme d’appui à la rénovation et au développement de la formation professionnelle dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (AFOP)

La finalité du Programme AFOP, financé par une subvention du deuxième C2D et un prêt de l’AFD, est l’amélioration des performances économiques de l’agriculture camerounaise, à travers l’amélioration de la qualification professionnelle des acteurs du développement agricole et rural. Il s’agit de la rénovation et du développement de la formation professionnelle dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.

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L’Ambassadeur a également visité le centre médical de l’arrondissement de Dang dans la périphérie de Ngaoundéré, établissement retenu dans la cadre de la phase pilote du projet « chèque santé » au sein duquel le programme avait été lancé il y a un peu plus d’un an en présence du Ministre de la Santé et de l’Ambassadrice de France.

Le "chèque santé"

Mis en œuvre dans le cadre du Programme conjoint associant le Ministère de la Santé Publique (Minsanté), l’Agence Française de Développement et l’agence de coopération allemande KfW, le chèque santé vise à réduire la mortalité maternelle et néonatale par la mise en œuvre d’un mécanisme de prépaiement, permettant à la femme enceinte d’être suivie tout au long de sa grossesse, d’avoir accès à un accouchement assisté et de bénéficier, elle et son nouveau-né, d’un suivi postnatal jusqu’à son 42ème jour. La future maman paie le montant de 6 000 FCFA et en contrepartie reçoit un papier, le chèque-santé, subdivisé en plusieurs coupons qui correspondent aux soins auxquels elle a droit, sans aucun paiement supplémentaire. Ce projet est mis en œuvre dans 59 formations sanitaires publiques et confessionnelles des régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. La mise en œuvre du projet a été confiée à l’ONG française « Centre International de Développement et de Recherche » – CIDR avec l’appui de l’ONG « CARE ».

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Quelques chiffres :

Contributions de la France à l’action humanitaire au Cameroun, pour répondre à la crise liée au conflit avec Boko Haram à l’Extrême Nord et par la crise en République Centrafricaine à l’est du pays :

- 2015 : 2 835 millions de francs CFA (4,65 millions d’euros) pour le CICR, la Croix-Rouge française, le PAM, le HCR et les ONG Action Contre la Faim et ALIMA.

- 2016 (à date) : 1 738 millions de francs CFA (2,65 millions d’euros) pour le CICR, le PAM, le HCR, l’UNICEF et l’ONG ALIMA.

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Le 3e C2D, qu’est-ce que c’est ?

Le C2D est né de l’initiative pour les pays pauvres très endettés, lancée sur proposition de la France en 1996. En retour de l’atteinte d’un « point d’achèvement » - c’est-à-dire l’atteinte d’une série d’objectifs en matière de réduction de la pauvreté et de stabilité macro-économique – les pays éligibles ont vu une part importante de leur dette extérieure effacée. Dans le cas du Cameroun, l’atteinte du point d’achèvement le 28 avril 2006 a donné lieu à l’annulation de 70% de ses créances extérieures.

Dans un souci de prolonger cette dynamique au-delà du point d’achèvement, la France a décidé, en 1999, de créer les Contrats de Désendettement et de Développement. Ces contrats fixent d’un commun accord un montant de dette à rembourser par le pays bénéficiaire à la France. Chaque remboursement est ensuite directement restitué au pays sous la forme de subventions mobilisables pour l’amélioration des conditions de vie de ses populations. Les C2D sont donc des efforts réalisés en équipe – créancier et débiteur – dans leur lutte contre la pauvreté.

Le troisième C2D, signé le 30 juin 2016 par le Secrétaire d’État chargé du Développement et de la Francophonie, M. André Vallini, et le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT) camerounais, M. Louis-Paul Motaze, se distingue de ses deux prédécesseurs par une durée plus longue (8 ans) et un montant plus conséquent (400 milliards FCFA). Grâce à ces ressources, le troisième C2D donnera corps aux priorités établies par les présidents Biya et Hollande lors de leur rencontre à Yaoundé en juillet 2015 : la poursuite des grandes orientations esquissées lors des précédents contrats ainsi que le soutien aux régions périphériques, notamment celles frappées par les exactions de Boko Haram.

Le troisième C2D se concentre sur deux grands secteurs :
- L’agriculture et le développement rural (119 milliards FCFA) – Ce premier volet viendra appuyer la pérennisation des dispositifs d’appui-conseil aux agriculteurs (ACEFA), de formation des jeunes aux métiers agropastoraux (AFOP) et d’investissements communaux (PNDP) amorcés au premier C2D. A ces projets s’ajoutera un programme innovant visant à accompagner les entreprises camerounaises dans la transformation et la valorisation des produits agricoles.
- Les infrastructures et aménagements urbains (102 milliards FCFA) – Ce second volet prolongera le travail engagé en faveur du développement des capitales régionales en équipant deux nouvelles villes du pays.

Pris ensemble, ces deux volets donnent corps à une vision : celle d’un Cameroun des territoires émergents. Le C2D entend soutenir le développement de campagnes dynamiques, connectées à des villes modernes par des chaînes de valeurs capables de transformer les produits de la terre en emplois et richesses pour tous. Cette vision sera complétée par des appuis budgétaires (122 milliards FCFA) en faveur des politiques de développement durable de l’État. Le reste de la subvention appuiera le renforcement des administrations impliquées dans la mise en œuvre dans le C2D.

Dernière modification : 15/11/2016

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