Visite de Mme l’Ambassadrice dans l’Extrême-Nord du 2 au 4 août 2016

L’Ambassadrice de ‪France au ‪Cameroun a effectué une mission du 2 au 4 août 2016 dans l’Extrême-Nord du Cameroun, région durement affectée par le conflit contre Boko Haram. L’objectif principal était de réaffirmer le soutien de la France à la lutte contre Boko Haram et sa solidarité à l’égard des populations victimes de la crise humanitaire provoquée par le ‎terrorisme.

Résumé :

L’Ambassadrice a effectué une mission du 2 au 4 août 2016 dans l’Extrême-Nord du Cameroun, région durement affectée par le conflit contre Boko Haram. Elle a bénéficié du soutien logistique du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et d’une protection rapprochée assurée par le Groupement Polyvalent d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GPIGN) et une unité de la Brigade d’Intervention Rapide (BIR). L’objectif principal de cette mission était de réaffirmer le soutien de la France à la lutte contre Boko Haram et sa solidarité à l’égard des populations victimes de la crise humanitaire provoquée par le ‎terrorisme. Par des rencontres, à Maroua avec le Gouverneur et avec des acteurs humanitaires et à Mora avec le Préfet, l’Ambassadrice s’est informée de l’évolution de la situation sécuritaire et ‪humanitaire ainsi que des projets de développement élaborés par le gouvernement pour la région. A Moutourwa, à Tokombéré, à Mora et dans Maroua, elle a visité des sites d’activités bénéficiant de contributions financières de la France (subventions du gouvernement français ou fonds du C2D) : distributions par le ‪PAM d’aide alimentaire aux personnes déplacées qui ont fui des villages soumis aux violences de Boko Haram et se sont repliées à Kolofata et à Mora ; traitement d’enfants malnutris par l’ONG Action Contre la Faim dans le district de Tokombéré ; suivi des femmes enceintes grâce au « chèque-santé » à Maroua ; développement rural et emploi des jeunes par des travaux à haute intensité de main d’œuvre conduits dans le cadre du Programme National de Développement Participatif (PNDP).

JPEG La délégation de l’Ambassade et celle du PAM devant l’avion UNHAS à Maroua

Déroulé détaillé de la mission :

Le 2 août, l’Ambassadrice a été reçue par les autorités locales, en particulier le Gouverneur de l’Extrême-Nord, M. Bakari Midjiyawa et le Délégué du gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Maroua, M. Robert Bakari. Elle a annoncé que Maroua avait été retenue, conjointement par la France et le gouvernement camerounais, pour bénéficier du projet Capitales Régionales dans le cadre du troisième C2D. Elle a également visité le bureau de l’Hôtel de Ville en charge de l’état civil.

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Entretiens avec le Gouverneur de l’Extrême-Nord, M. Bakari Midjiyawa et le Délégué du gouvernement auprès de la Communauté Urbaine de Maroua, M. Robert Bakari

L’Ambassadrice a emprunté la piste reliant les villages de Mougoudou et de Damaï dans la commune de Moutourwa ; cette route a fait l’objet de travaux de réhabilitation à haute intensité de main d’œuvre (HIMO) qui ont employé de nombreux jeunes. Ce projet, mis en œuvre par le Programme National de Développement Participatif (PNDP) dans le cadre du deuxième C2D, permet de rendre cette portion de route carrossable, même en saison des pluies. Des travaux similaires et d’autres constructions de petites infrastructures communales sont actuellement réalisés dans 6 communes de l’Extrême-Nord dans le cadre de la phase pilote du projet ; d’ici la fin de l’année 2016, le projet sera étendu aux 47 communes que compte l’Extrême Nord, grâce à une subvention du Fond Fiduciaire d’Urgence de l’Union Européenne.

JPEG Accueil à Moudougou par le sous-préfet et le maire de Moutourwa

Les jeunes qui ont reçu l’Ambassadrice ont dit leur satisfaction d’avoir eu une opportunité de gagner un salaire – dont 30% sont épargnés d’office à travers un partenariat avec une institution de micro-finance, le Crédit du Sahel. Grâce à cette épargne, ils ont pu engager des activités génératrices de revenus comme l’achat de petit bétail ou la rénovation de leurs habitations.

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Rencontre avec les équipes qui qui ont œuvré à la réhabilitation de la piste Mougoudou - Damaï

Le 3 août, la mission a visité deux sites d’activités du Programme Alimentaire Mondial (PAM) à Mora : un site de distribution de vivres en nature pour déplacés internes venus ce jour-là de Kolofata et un site de distribution utilisant le système du « Cash-Based Transfer ». Ce système expérimenté pour la première fois au Cameroun, notamment grâce à une subvention de la France, est mis en œuvre par l’ONG Plan Cameroon. Le principe est simple : par téléphone (fourni par le PAM), le PAM attribue une somme par mois et par famille qui permet aux bénéficiaires d’acheter des vivres auprès de commerçants partenaires du projet et de régler ceux-ci par un simple transfert. Au Cameroun, 17% des distributions alimentaires du PAM se font par ce biais. Ce système a l’avantage de permettre aux bénéficiaires de gérer leur budget de manière autonome et d’éviter les rassemblements de masse, souvent ciblés par les attaques de Boko Haram ces dernières années.

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Distribution d’assistance alimentaire en nature et via le Cash-Based Transfer à Mora

L’Ambassadrice s’est ensuite rendue à l’hôpital de Tokombéré et en particulier au sein du service nutrition (Centre Nutritionnel Thérapeutique Interne), puis au centre de santé intégrée de Mada Kolkoch, où l’ONG Action Contre la Faim mène un projet d’amélioration de la prise en charge des cas de malnutrition aigüe affectant les enfants auprès des populations du district sanitaire de Tokombéré, qu’ils soient réfugiés nigérians, déplacés internes ou populations hôtes.

A Maroua, l’Ambassadrice a rencontré les responsables locaux des différentes agences des Nations Unies et d’une vingtaine de représentants d’ONG internationales humanitaires et du Mouvement Croix-Rouge pour des échanges sur la situation humanitaire dans l’Extrême-Nord et des défis à y relever.

Le 4 août, l’Ambassadrice a visité le centre de santé intégré de Doualaré, où le « chèque-santé » est en vigueur. Financé par le gouvernement camerounais, par la France, via l’AFD et par l’Allemagne (GIZ) et lancé dans le Septentrion en juin 2015, le chèque-santé vise à réduire la mortalité maternelle et néonatale par la mise en œuvre d’un mécanisme de subvention, permettant à la femme enceinte d’être suivie tout au long de sa grossesse, d’avoir un accouchement sécurisé et de bénéficier, elle et son bébé, d’un suivi postnatal. La future maman paie le montant de 6000 FCFA et en contrepartie reçoit un papier, le chèque-santé, subdivisé en plusieurs coupons qui correspondent aux soins auxquels elle a droit, sans aucun paiement supplémentaire. L’Ambassadrice s’est entretenue avec le personnel du centre et avec des mamans ou futures mamans bénéficiaires. Elle a été informée des difficultés de certains centres de santé à mettre en œuvre le chèque-santé, en raison de manque de personnel qualifié. Elle a souligné auprès des personnels et des mamans l’importance de doter rapidement les nouveaux nés d’actes de naissance.

JPEG Après la rencontre avec l’équipe en charge du chèque-santé, et avec quelques bénéficiaires

Quelques chiffres :

Contributions de la France à l’action humanitaire au Cameroun, pour répondre aux besoins créés par Boko Haram et par la crise de la RCA :

  • 2015 : 2 835 millions de francs CFA (4,65 millions d’euros) pour le CICR, la Croix-Rouge française, le PAM, le HCR et les ONG Action Contre la Faim et ALIMA.
  • 2016 (à date) : 1 738 millions de francs CFA (2,65 millions d’euros) pour le CICR, le PAM, le HCR et l’ONG ALIMA.

JPEG Personnes déplacées à Mora

Dernière modification : 21/09/2016

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