Trypanosomiase humaine africaine : à la recherche du parasite oublié

Une équipe de recherche franco-camerounaise menant des travaux sur le parasite responsable de la trypanosomiase humaine africaine, plus communément appelée « maladie du sommeil » a effectué une mission dans le sud Cameroun du 19 mars au 13 avril dernier.

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En vue d’atteindre les objectifs de la communauté internationale (ODD 3, feuille de route de l’Organisation mondiale de la santé) d’élimination de la trypanosomiase humaine africaine (THA), connue comme la maladie du sommeil, les scientifiques doivent encore élucider les nombreux facteurs biologiques, écologiques ou même socio-environnementaux qui pourraient menacer l’atteinte de ces objectifs. Un de ces paramètres est l’implication de la faune domestique et sauvage comme réservoir de trypanosoma brucei gambiense, le parasite responsable de cette maladie négligée, mais toujours présente au Cameroun.

Une nécessaire compréhension des cycles de transmission

Du 19 mars au 13 avril, une équipe composée par Vincent Ebo’o, secrétaire permanent du Programme national de lutte contre la THA (PNLTHA) du Cameroun, Jean-Mathieu Bart, chercheur de l’Institut de recherche et de développement (IRD) à l’UMR INTERTRYP (Montpellier), Rolin Kamga, doctorant de Gustave Simo à l’Université de Dschang et Cheke Banabas, conducteur IRD, s’est rendue dans deux foyers de THA au sud du Cameroun (Bipindi et Campo). Leur mission a consisté à prélever des échantillons biologiques sur près de 200 animaux péri-domestiques (majoritairement ovins, caprins et porcins) dans ces foyers où leur rôle comme réservoir est fortement suspecté. Les niveaux de parasitémie dans le sang et dans le derme des animaux, la réponse immunitaire des hôtes, la capacité d’adaptation du parasite seront autant de paramètres étudiés qui permettront aux chercheurs de mieux comprendre le poids épidémiologique de la faune et ainsi, proposer des moyens de lutte adaptés selon la spécificité de chaque foyer.

Membres de l'équipe (de gauche à droite) : Rolin Kamga (Univ. Dschang), Jean-Mathieu Bart (IRD Montpellier), Eustaquio Nguema (PNLTHA Guinée Equatoriale), Vincent Ebo'o (PNLTHA Cameroun), Cheke Banabas (IRD Cameroun). - JPEG

Une indispensable coordination entre pays voisins

Pendant cette mission, Eustaquio Nguema Ndong, le coordinateur du Programme national de lutte contre la THA en Guinée Équatoriale est venu renforcer l’équipe. En effet, de l’autre côté du fleuve Ntem, frontière naturelle entre le Cameroun et la Guinée Équatoriale, le foyer de THA de Rio Campo partage les mêmes caractéristiques que le foyer camerounais. Une action coordonnée de lutte, aussi bien au niveau médical que vectoriel, doit être engagée entre les deux pays, mais également avec tous les pays du bassin du Congo où sévit la maladie. Si nous voulons obtenir des résultats plus efficaces et durables. En effet, il n’est pas acceptable qu’en 2018 cette maladie, même si elle ne représente plus un problème de santé publique comme le SIDA ou le paludisme, continue à tuer des milliers d’habitants en Afrique sub-saharienne et reste un frein pour le développement des foyers endémiques.

Dernière modification : 17/04/2018

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