Rendez-vous IFC Sciences : "Le Changement climatique, une opportunité pour le développement ?"

Dans le cadre des rendez-vous IFC Sciences à l’Institut Français de Yaoundé, une conférence s’est tenue jeudi 29 octobre sur le thème : « Le Changement climatique, une opportunité pour le développement ? »

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Le public a d’abord écouté l’intervention d’Hervé CONAN, directeur régional de l’Agence Française de Développement (AFD). Celui-ci a expliqué l’importance pour l’avenir du monde des négociations climatiques qui vont s’ouvrir à la fin du mois à Paris. Avec ce rendez-vous, ce sont tous les pays qui doivent produire des efforts afin de ne pas dépasser 2°C de réchauffement climatique à l’horizon 2100. Pourtant à l’heure actuelle, les prévisions issues des contributions nationales de chaque Etat ne permettent pas de rester à ce seuil. Si les pays du Nord doivent modifier leur manière de produire et de consommer, les pays du Sud doivent trouver une voie différente de développement, plus respectueuse de l’environnement. Le Cameroun s’est donné pour objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 33% d’ici 2035 par rapport à un scénario de base. L’accent est mis sur le domaine agricole, qui doit connaître une intensification sans déforestation, et produire plus et mieux pour une population en grande croissance (24 millions d’habitants au Cameroun aujourd’hui, 80 millions en 2100).

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M. Martin ZEH-NLO, représentant du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), a rappelé le contexte des négociations climatiques. La prise de conscience du réchauffement climatique et de l’urgence à agir s’est opérée progressivement, depuis le sommet de la Terre de Rio en 1992 en passant par le protocole de Kyoto de 1995. L’impasse de la conférence de Copenhague de 2009 et la dégradation environnementale qui va s’accélérant ont fait prendre conscience de l’urgence d’un accord contraignant. Cet accord s’harmonisera avec les nouveaux objectifs de développement durable (ODD) mis en place en septembre 2015 dans le prolongement des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ; le 13e ODD fait d’ailleurs explicitement référence au développement durable. Ces objectifs seront accompagnés d’indicateurs (près de 170) qui donneront un cadre aux Etats parties. De fait, les espoirs sont fondés de voir l’horloge politique se mettre au rythme de l’horloge climatique.

M. Joseph Désiré ZEBAZE, du réseau Climat Développement a mis l’accent sur la nécessité d’une meilleure gouvernance au niveau central et local. Une question demeure pour l’avenir : est-il préférable d’accompagner l’évolution du modèle de l’exploitation agricole familiale tel que le Cameroun le connaît traditionnellement, ou faudra-t-il accentuer la rupture en faveur d’un nouvel modèle d’exploitation ?

M. Georges NKAMI a présenté le Programme National de Développement Participatif (PNDP), qui vise à mettre en place des mécanismes de financement décentralisé pour des projets d’aménagement du territoire, le tout avec une participation du public. Le PNDP se conforme aux objectifs REDD +, qui consistent en l’exigence de réduction des émissions de GES liés à la déforestation ou à la dégradation forestière. Les bénéfices à retirer de ces initiatives pour les communes sont bien sûr d’ordre environnemental, mais aussi social (amélioration des conditions de vie des populations) et politique (amélioration de la démocratie locale et meilleure gouvernance de la forêt).

Ont suivi des échanges avec le public, au sein duquel étaient mêlés curieux et experts de différents ministères.

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Dernière modification : 05/11/2015

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