Propos à la presse de M. Le Drian à l’issue de l’audience avec le président Biya

Cameroun - Propos à la presse de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, à l’issue de l’audience avec le président Paul Biya (Yaoundé, 23/10/2019)

Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, reçu au palais de l'Unité par le président Biya - JPEG

Q - Monsieur le Ministre, vous venez d’être reçu par le président Biya. Pourrions-nous avoir une idée du contenu de vos entretiens et des conclusions auxquelles vous avez abouti ?

R - D’abord le président Biya a bien voulu me décorer comme grand officier de l’ordre de la valeur et j’y suis très sensible, je tenais à le dire.

Par ailleurs, c’est ma première visite au Cameroun comme ministre des affaires étrangères et je vis un instant particulier. D’abord, cette visite s’inscrit dans le prolongement de l’entretien qu’a eu le président Biya avec le président Macron, il y a quelques jours, à Lyon. Ensuite, cela vient dans un moment où, dans ce pays, la réconciliation est en marche. Donc, je suis venu pour dire combien la France voulait, avec le Cameroun, être dans une phase de relance d’une relation historique très forte, mais qui va trouver maintenant une nouvelle dynamique.

Nous souhaitons accompagner les efforts de paix, d’apaisement, qui ont été développés depuis quelques jours, depuis quelques semaines, en particulier à la suite du grand dialogue national, pour que le Cameroun retrouve sa sérénité.

Nous avons pour cela beaucoup d’atouts : l’expérience de notre collaboration depuis de nombreuses années mais aussi le fait que nous avons aussi l’expérimentation de la décentralisation. Or, une des leçons du grand dialogue national porte sur ce point. Nous avons aussi une collaboration dans le domaine des infrastructures, dans le domaine de l’énergie, dans le domaine du développement. J’irai demain inaugurer un pont à Douala qui sera l’exemple-même d’une collaboration réussie.

Nous avons aussi à agir ensemble pour les questions de sécurité. Je me rendrai d’ailleurs demain, en fin d’après-midi, dans le nord du pays qui est soumis aux pressions des groupes terroristes de Boko Haram. Tout cela forme un ensemble de dispositions qui nous permettent aujourd’hui de dire qu’après cet entretien il y a une relance de la coopération entre la France et le Cameroun dans tous les domaines, y compris dans le domaine politique.

Q - Monsieur le Ministre, des actes d’incivilité ont été perpétrés dans les représentations diplomatiques du Cameroun, notamment en France. Il revient, sur la base de la pratique diplomatique et des conventions internationales, que la responsabilité incombe à l’État d’accueil d’assurer la sécurité des édifices diplomatiques. Quelles sont les dispositions prises par Paris pour éviter que de tels actes se reproduisent ?

R - Je ne suis pas inquiet sur la sécurité à venir du personnel diplomatique du Cameroun en France. Je vous ai dit, il y a un instant, que nous sommes entrés dans une phase de relance de notre coopération. Évidemment, la sécurité des diplomates est indispensable, mais ce n’est pas le souci, l’enjeu principal de cette coopération, même si nous devons veiller à ce que la sécurité des diplomates soit assurée. Merci./.

Dernière modification : 29/10/2019

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