L’AFD appuie le développement économique local dans l’Extrême-Nord via le PNDP

L’AFD s’est engagée aux côtés du Cameroun à hauteur de 5 M€ à travers le le deuxième Contrat de désendettement et de développement (C2D) pour permettre de réaliser 11 projets à haute intensité de main d’oeuvre (HIMO) dans la région de l’Extrême Nord.

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Contexte

Le Programme National de Développement Participatif (PNDP) est un Programme multi-bailleurs qui vise à assister le Gouvernement camerounais dans la mise en oeuvre d’un mécanisme de financement décentralisé permettant d’assurer un développement homogène du pays à partir des territoires ruraux notamment. Avec plus de 4 000 projets communaux réalisés depuis 2005 dans les 329 communes couvertes dans les 10 régions du Cameroun, le PNDP est devenu un dispositif majeur de l’investissement public local.

Depuis 2014, les Régions septentrionales du pays connaissent des difficultés particulières liées à la rudesse du climat, à la pression démographique des déplacés et réfugiés – 241 987 déplacés internes et 88 816 réfugiés nigérians d’après le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés – et à l´insécurité du groupe terroriste Boko Haram (BH). Cette situation a entraîné un ralentissement général de l’activité économique de la zone, un problème de développement et de déperdition de la jeunesse. La fermeture des frontières avec le Nigéria a également provoqué début 2015 une dépréciation de 30 à 50% des prix de certaines matières premières agricoles (céréales, niébé, boeufs, etc.) et un surenchérissement des prix des produits manufacturés et bruts – autres qu’agricoles – dans les mêmes proportions à cause d’un acheminement à partir des capitales des régions du centre (Yaoundé) ou du littoral (Douala).

Face à ces défis, le Gouvernement camerounais a décidé de lancer en octobre 2014 un plan d’urgence (PRODAT - Programme d’Aménagement du Territoire) de 120 M€ pour le Septentrion centré sur des infrastructures de développement rural construites selon une approche Haute Intensité de Main d’oeuvre). L’objectif était d’agir au plus vite dans l’Extrême Nord afin de soutenir les populations locales, et notamment les jeunes dont le risque de recrutement par BH était fort.

C’est dans ce contexte qu’en 2015, l’AFD s’est engagée aux côtés du Cameroun à hauteur de 5 M€ à travers le 2ème contrat de désendettement et développement (C2D) pour permettre de réaliser 11 projets à haute intensité de main d’oeuvre (HIMO) dans la région de l’Extrême Nord dans les secteurs hydraulique et routier, avec pour résultats attendus l’emploi de 2 500 jeunes et l’insertion professionnelle d’au moins 1 500 d’entre eux.

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Pour prolonger cette dynamique, le Cameroun et l’AFD ont obtenu un financement supplémentaire de l’Union européenne au travers du Fonds Fiduciaire d’Urgence de l’Union Européenne pour l’Afrique. Cet accord, formalisé par la première signature d’une convention de financement délégué de 6,6 Mds CFA (10 M€) le 20 décembre 2016, va permettre d’élargir l’approche HIMO à 20 nouveaux projets communaux. D’ici 2019, ces nouveaux chantiers emploieront 3 500 jeunes et contribueront, à leur échelle, à insérer 2 500 d’entre eux afin de solidifier le redressement de l’Extrême-Nord.

Principaux résultats atteints au 01 janvier 2018

14 chantiers d’infrastructures hydrauliques et routières en exécution
01 chantier de construction d’un magasin de stockage démarré par la MIPROMALO
749 emplois créés dont 31,38% sont des femmes
65 398 Euros payés directement aux jeunes employés du chantier recevant en moyenne 3000 F CFA/jour de travail après atteinte du rendement journalier minimal
60 séances de sensibilisation aux approches HIMO et ingénierie sociale organisées auprès des jeunes enrôlés dans les chantiers et 156 acteurs (entreprises, ONG, sectoriels)

Finalité & Objectifs

Accompagner les communes concernées de l’Extrême-Nord dans le développement économique de leur territoire par des investissements, la réalisation d’infrastructures socio-économiques et la création d’emplois pour les jeunes ruraux :

1. Appuyer les communes cibles à réaliser des projets d’investissements communaux prioritaires issus du PRODAT suivant le mode opératoire « accéléré » de concertation avec les populations et les acteurs locaux du PNDP ;

2. Contribuer à la création d’emplois durables pour les jeunes en mobilisant massivement la main d’oeuvre locale dans le cadre des chantiers ;

3. Stabiliser la jeunesse en les accompagnant par des activités de formation et d’insertion professionnelle.

Contenu du programme

3 composantes opérationnelles :

1. Appui au développement local (investissements communaux)

Cofinancement par subvention – à travers une allocation versée aux communes – de projets et d’activités identifiés via le PRODAT ou Plan communal de développement (PCD) de chaque commune.

Les projets retenus doivent correspondre aux critères suivants :
(i) sécurité : les projets en zone rouge ou sur des territoires d’incursion de BH ne peuvent être retenus ;
(ii) sensibilité HIMO : 30% du coût total de l’ouvrage doit être dédié à la main d’oeuvre locale et le nombre d’ouvriers nécessaires doit être au moins de 20 pour 2 mois ;
(iii) création d’opportunités économiques : les projets doivent générer des retombées économiques positives et à usage collectif/communautaire sur le territoire.

2. Appui aux communes dans le cadre de la décentralisation

Appuyer les réformes en cours et renforcer la légitimité des pouvoirs publics auprès des habitants du territoire. Accompagnement du volet « ingénierie sociale » (recrutement et accompagnement à l’insertion des jeunes) par une ONG internationale afin de :

(i) renforcer les capacités des acteurs dans la gestion du personnel sur les chantiers HIMO et des ONG locales en ingénierie sociale ;
(ii) développer les mécanismes de pérennisation des projets via la gestion de l’épargne et du crédit des ouvriers des chantiers (en collaboration avec l’IMF Crédit du Sahel) ;
(iii) accompagner la formation et l’insertion socio-professionnelle des jeunes (phases de chantier puis d’insertion où les jeunes sont suivis par un conseiller d’orientation).

3. Coordination, gestion et suivi-évaluation

Gestion technique et administrative du programme. Coordination entre les partenaires institutionnels (dispositifs onusiens de coordinations humanitaires, arrangements contractuels entre les communes, ministères sectoriels, programmes et projets et prestataires de services, etc.). Mise en oeuvre du plan de communication et de visibilité. L’expert HIMO, recruté en octobre 2015 et basé à Maroua, est garant de la cohérence interne entre le mode opératoire du PNDP et l’approche HIMO. Les leçons apprises feront l’objet, à la demande du gouvernement, de la production d’un guide méthodologique HIMO d’intervention en zone d’urgence et de fragilité.

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Mode opératoire

L’approche HIMO par l’entreprise est relativement nouvelle au Cameroun et consiste à mobiliser des populations marginalisées – jeunes, femmes – sur des chantiers de première nécessité (forage de puits, tracé de pistes rurales). Un tiers des salaires est versé sur un compte d’épargne ouvert dans un établissement de microfinance, ce qui permet aux bénéficiaires de reconstituer une partie du capital qu’ils ont perdu durant la crise. En parallèle, des ONGs accompagnatrices – CARE International et CADEPI – travaillent avec les ouvriers pour les aider à élaborer un projet d’insertion qui transformera leurs économies en une activité plus durable une fois le chantier achevé. Tous ces chantiers sont exécutés par des entreprises nationales camerounaises dont les capacités sont renforcées sur le volet technique, environnemental et social de leur intervention.

Le suivi des réalisations est effectué par la Coordination Régionale du PNDP basée à Maroua. Des réunions de suivi avec les bureaux de contrôle et l’ONG d’accompagnement partenaire permettent également de faire un point exhaustif de l’avancement des projets. L’approche HIMO suit le mode opératoire du PNDP, à savoir une méthode d’intervention centrée sur la commune et le plan communal de développement (PCD) qui est validé par l’ensemble des acteurs du territoire (préfet, représentant de l’Etat et tutelles des communes). Des partenariats stratégiques ont été signés avec le Fonds National pour l’Emploi (FNE), la MIPROMALO (Mission de Promotion des Matériaux Locaux), le Crédit du Sahel, les ONG locales (GREEN SAFE, ENVIROPROTECT, ASSEJA, ASED, GTE, CADEPI) et internationales (CARE International) ainsi que des programmes C2D en appui à la formation et l’insertion professionnelle (AFOP).

Résultats et impacts attendus

Le projet aura pour principales retombées  :
- un guide méthodologique HIMO en situation d’urgence élaboré’ ;
- 20 projets du PRODAT réalisés avec la méthode HIMO ;
- 80 km de route réhabilités ;
- 10 000m3 de capacité de stockage d’eau réalisés ;
- 2 000 m3 de capacité de stockage de produits agricole réalisés ;
- 3 500 emplois créés dont au moins 30% de femme ;
- 2 500 jeunes formés et insérés dans le tissu économique ;
- Plus d’un milliards de FCFA de salaires distribués aux ouvriers avec en moyenne 3000 FCFA/J
- 100 acteurs locaux (ONG, maitrise d’oeuvre, entreprises et
sectoriels) formés aux approches HIMO.

Principaux enjeux à court terme

  • Accélérer le démarrage des 05 chantiers ayant fait l’objet de 02 infructuosités.
  • Entamer le volet insertion professionnelle des jeunes : définition du profil de compétence et métier, choix des métiers et appui technique et financier.

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Dernière mise à jour : jeudi 22 février 2018

Dernière modification : 25/04/2018

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