Portrait de Français du Cameroun : Kalliopi Ango Ela

Professeur d’histoire-géographie et ancienne sénatrice, Kalliopi Ango Ela a choisi le Cameroun comme pays d’adoption. Elle nous livre son histoire personnelle et sa vision des relations entre la France et le Cameroun.

Kalliopi était en faculté de géographie à Paris I Panthéon-Sorbonne lorsqu’elle a rencontré sur les bancs de l’université son futur mari, Paul Ango Ela, qui allait devenir professeur de géopolitique à l’ENAM de Yaoundé. Après s’être rendue deux fois au Cameroun, le couple décide de s’y installer définitivement. Ils ont deux enfants. Et même après le décès de son mari, elle confirme son choix de vie à Yaoundé.

Conseillère à l’Assemblée des Français de l’Étranger en 2009, Kalliopi devient sénatrice en 2012, à l’occasion de la nomination d’Hélène Conway au gouvernement français. Un mandat qu’elle exercera pendant deux ans.

JPEG

Son travail  :

Le métier de Kalliopi est celui de professeur d’histoire-géographie. Au lycée Fustel de Coulanges à Yaoundé, elle enseigne plus qu’une discipline, la citoyenneté. Agrégée de géographie en 1990, elle veut faire réfléchir les adolescents qui assistent à ses classes. Elle encadre notamment les Travaux Personnels Encadrés (TPE), qui sont souvent l’occasion pour les adolescents d’échanger collectivement.

Autre corde à son arc, Kalliopi est l’animatrice de la Fondation Paul Ango Ela, créée en 1999, qui a pour vocation de faciliter les travaux de recherche des étudiants au Cameroun. La fondation qui se veut un laboratoire d’accueil pour des étudiants-chercheurs étrangers conduit également des projets de recherche sur la ville et son aménagement, les questions foncières, les politiques de santé publique ou encore les questions de sécurité, souvent en partenariat avec d’autres institutions.

JPEG

Son regard sur les échanges franco-camerounais

Kalliopi considère qu’il y a des malentendus dans les relations entre Français et Camerounais, malentendus dus à des non-dits et des procès d’intention de part et d’autre. Il y a une difficulté à se faire vraiment confiance, pense-t-elle. Dans ses classes, elle constate que les jeunes français et jeunes camerounais aiment les mêmes choses, ont les mêmes centres d’intérêt. Pour elle, le sentiment anti-français chez certains est très injuste par rapport à l’investissement affectif et souvent matériel que ses compatriotes peuvent faire au Cameroun.

JPEG

Conseils

L’intégration n’est pas difficile dans les familles camerounaises, pour peu que l’on s’interdise tout jugement précipité, estime-t-elle. Elle recommande de rester ouvert pour comprendre le fonctionnement de la société camerounaise. Il est nécessaire de développer patience et humilité pour s’adapter au contexte.

Au Cameroun, tout est possible et c’est à chacun de définir les limites de sa propre liberté pour rester dans des limites éthiques, librement consenties. C’est probablement là, le comble de la liberté.

Dernière modification : 01/03/2017

Haut de page