Portrait de Français du Cameroun : Faustine Le Nagard

Faustine vit au Cameroun depuis deux ans. Présidente de l’association Français du monde à Yaoundé, elle partage sa vie entre sa famille camerounaise, son travail et ses engagements associatifs. Interview.

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Comment êtes-vous arrivée au Cameroun ?

Je rêve de « l’Afrique » depuis mes 13 ans sans vraiment me l’expliquer, mais c’est seulement à 23 ans à la fin de mes études en tourisme solidaire que je me décide. Il y a deux ans, j’ai trouvé une association camerounaise qui me proposait une mission « humanitaire » de trois mois. Finalement, la mission n’était pas spécialement à la hauteur, mais elle a eu le mérite de me faire découvrir le pays, où j’ai décidé de poser mes valises. Je suis tombée amoureuse du pays et par la suite amoureuse d’un Camerounais.

Aujourd’hui, que faites-vous ?

Grâce à l’association Français du monde de Yaoundé que je préside, j’ai rencontré des personnes extraordinaires qui m’ont permis de trouver un travail passionnant. J’occupe le poste de responsable clientèle, qualité et logistique en CDI à Mélodius Consulting, un cabinet de conseil et de formation dans les domaines du coaching. Je suis en ce moment cheffe de projet d’une formation en développement personnel pour les femmes cheffes d’entreprise qui va se dérouler à Douala.

Dans quelles conditions vivez-vous au Cameroun ?

Je vis à Yaoundé avec Joël, mon compagnon. Il est professeur au secondaire. Nous avons une petite maison que nous faisons évoluer petit à petit par des travaux. Notre quotidien est rythmé par nos divers engagements associatifs.

Portrait de Français du Cameroun : Faustine Le Nagard - JPEGJ’ai un lien déjà très fort avec ma belle-famille, qui m’a intégrée progressivement. Je vis dans mon quartier, en harmonie et amitié avec mon voisinage bien qu’ils me pensaient différente au départ. Ils se sont vite rendu compte que j’étais simple et accessible. Comme eux, je me lève le matin pour aller au travail et je m’y rends comme tout le monde en taxi collectif. Cette prise de conscience a franchement facilité mon intégration. Finalement, grâce à toutes ces personnes, je me sens camerounaise.

Quel est votre regard sur les échanges entre Français et Camerounais ?

Quand nous, Français ou Camerounais, laissons tomber nos croyances respectives sur l’un comme sur l’autre, cela permet un échange incroyable. Les rencontres et échanges nous font grandir.

L’échange passe aussi bien par une bière partagée dans un bar de quartier comme par des rencontres furtives dans le taxi. C’est ce que j’aime : la simplicité et le fait que l’on va sans problème à la rencontre de l’autre. L’enjeu serait de mieux se connaitre. Une meilleure connaissance brise les clichés les plus ancrés d’un côté comme de l’autre. Je souhaiterais que le « mythe du blanc » ne soit plus d’actualité. Il fausse beaucoup de relations.

Quel conseil donneriez-vous à un(e) Français(e) souhaitant s’installer au Cameroun ?

Quand on vit au quotidien dans une culture qui n’est pas la nôtre au départ, on va entendre, voir, vivre des choses qui nous paraissent choquantes, inutiles, voire même incompréhensibles. Sans renier ce que l’on est, le tout est de toujours essayer de voyager dans le monde de l’autre si l’on veut être en harmonie. Essayer de comprendre sans juger et garder son ouverture d’esprit.

Montrez-vous tels que vous êtes. Après tout, nous sommes faits pour échanger, être en interaction. Ouvrez-vous en toute simplicité. Cela mènera à beaucoup de moments cocasses, joyeux, forts et profonds, en toute simplicité.

Dernière modification : 22/02/2018

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