Portrait de Daniel NDO TOLO : chargé de mission infrastructures à l’Agence Française de Développement

JPEG

Quel est votre parcours ? Qu’est-ce qui vous a amené à travailler pour l’AFD ?

Je suis ingénieur en génie civil formé à l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé au Cameroun. J’ai travaillé pendant une dizaine d’années au Ministère des Travaux Publics sur des projets d’infrastructures routières, et principalement sur les ponts et les ouvrages de franchissement. Au cours de ces activités, j’ai été amené à plusieurs reprises à travailler sur des projets financés par l’Agence Française de Développement (AFD) et le caractère stratégique des interventions de cette institution couplée à ma volonté de travailler sur des infrastructures qui impactent fortement les populations m’ont conduit à me retrouver là aujourd’hui. Je travaille en tant que chargé de projets infrastructures à l’Agence AFD de Yaoundé depuis près d’un an et demi.

Pouvez-vous brièvement expliquer le fonctionnement du C2d Cameroun ? En quoi ce programme est-t-il bénéfique pour le pays ?

Le C2D est un contrat passé entre les États français et camerounais qui permet de reconvertir la dette du Cameroun en ressources financières pour le développement de projets visant à l’amélioration des conditions de vie de populations camerounaises. En d’autres termes, le Cameroun et le France ont convenu d’affecter les ressources issues du remboursement de la dette camerounaise vers des projets à impact sur le développement économique et social du pays.

Les programmes sont identifiés et définis conformément à la stratégie de développement nationale (précédemment le DSCE et aujourd’hui la SND30). C’est donc un instrument de financement qui touche différents domaines et différentes zones territoriales en cohérence avec les objectifs de développement que s’est fixé le Cameroun.

Il donne des ressources supplémentaires à l’Etat pour mettre en œuvre des projets : Depuis 2006, c’est 1 474 millions d’euros, soit près de 1 000 milliards de Fcfa, qui ont été affectés à des projets dans les secteurs des infrastructures et du développement urbain, de l’agriculture et du développement rural, du privé et de la formation professionnelle, de la santé, etc. et dans l’aide budgétaire.

Quelles sont les principales réalisations du programme « Capitales Régionales » ? Quel est l’apport concret pour les populations ?

Le programme Capitales Régionales a commencé en 2015 avec 3 villes (Bafoussam, Bertoua et Garoua), dans le cadre de qu’on a appelé « Capitales Régionales 1 ». Cette partie devrait être achevée en 2022, tandis que les opérations dans les villes de Bamenda et de Maroua, du programme dit « Capitales Régionales 2 », ont débuté en 2018 et devraient être terminées en 2024. Parmi les principales réalisations de ce programme :

La construction et la réhabilitation de voiries et d’ouvrages de drainage (56 km déjà réalisées et 24 à venir, soit au total 80 km de voirie urbaine) ; la construction et la réhabilitation d’équipements générateurs de revenu (8 marchés principaux et secondaires en cours de travaux ou déjà programmés, et 13 en études pour un démarrage en 2022) : l’aménagement d’espaces publics et de détente (6 jardins publics en cours de réalisation et 4 en études ; le développement de services urbains de proximité tels que l’éclairage public (464 candélabres solaires réalisés et 100 lampadaires en cours), les latrines scolaires (42 réalisées et 28 en cours), les toilettes publiques (21 réalisées), les forages (71 réalisés), les kiosques à eau (30 réalisés), les passerelles piétonnes (10 réalisées), les terrains de sports (2 réalisés et 4 en cours)

Les rencontres sur le terrain montrent un accueil très favorable des populations dans les villes bénéficiaires du programme. Le paysage urbain se trouve changé avec une meilleure mobilité pour les transports des personnes et aussi des biens, des espaces de détente et de loisir autour desquels des activités économiques se développent. Les équipements générateurs de revenus sont également de bonne augure pour les opérateurs économiques qui obtiennent de meilleurs installations pour leurs activités commerciales. L’activité de gestion des communautés s’est aussi mieux organisée et les recettes générées ont permis de réaliser des équipements supplémentaires tels que des boutiques.

Dernière modification : 11/06/2021

Haut de page