Pollinisation et écologie d’une nouvelle espèce d’orchidée découverte à Oku

L’Institut de Recherche et Développement (IRD) était en mission du 5 au 29 mai dans la région du lac Oku au Nord-Ouest Cameroun pour étudier l’écologie et la pollinisation d’une espèce d’orchidée dans son milieu naturel.

Le projet de thèse de Laura Azandi (doctorante à l’Université de Yaoundé I) est intitulé « Conservation des Orchidaceae en Afrique : révision systématique et étude de la biologie de reproduction du genre Cyrtorchis Schltr. ». Il cherche à explorer la diversité des orchidées africaines ainsi que leurs modalités de reproduction.

Le choix du genre Cyrtorchis comme modèle d’étude s’explique par ses fleurs à long éperon, odorantes et de taille spectaculaires qui font ce genre un groupe idéal pour des études sur la biologie de la reproduction. Cette thèse est co-encadrée par Bonaventure Sonké (Université de Yaoundé 1), Vincent Droissart (IRD) et Tariq Stévart (Missouri Botanical Garden). Le projet de thèse bénéficie d’un soutien financier de l’American Orchid Society (AOS) et du Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Cameroun.

Cette étude implique des observations de terrain. Une mission a donc été réalisée conjointement avec Vincent Droissart dans la région du lac Oku au Nord-Ouest Cameroun, et ce entre le 05 et le 29 mai 2017. Elle avait pour but d’étudier l’écologie et la pollinisation d’une espèce d’orchidée dans son milieu naturel. Cette espèce épiphyte, qui vit donc sur les arbres, est probablement nouvelle, ce que cette étude cherche aussi à confirmer.

La zone d’investigation choisie, une savane arborée d’altitude ( 2400 m d’altitude) s’est révélée idéale pour étudier la population de cette espèce qui y était assez abondante et facilement accessible en raison de la faible hauteur des arbres sur lesquels elle vit. Le travail réalisé a consisté à repérer les arbres hôtes, à marquer 35 individus possédant des inflorescences, et sur lesquels le suivi de la floraison a été réalisé pendant le séjour (3 semaines).

Des caméras étanches à longue durée d’autonomie ont été installées dans les arbres afin d’observer l’ouverture et les visiteurs des fleurs pendant 23 jours. Deux séances de capture d’insectes avec un dispositif de piège lumineux ont été effectuées avec la collaboration et l’expérience de Roger Kamgang (assistant de terrain pour l’IRD). Plusieurs pollinisateurs potentiels ont été capturés au cours de ces séances. Les images des visiteurs enregistrées par les caméras seront comparées avec les spécimens capturés afin d’identifier le ou les pollinisateurs.

Afin de tester l’influence de certains paramètres (type de pollinisation, nombre de fleurs pollinisées) sur la production des graines viables, 50 plantes vivantes en inflorescence ont été collectés et mis en culture au village d’Oku pour faciliter le suivi phénologique et les tests de pollinisation. Au terme de cette activité, l’équipe a pu effectuer 36 tests de pollinisation manuelle parmi lesquels 18 tests de pollinisation croisée et 18 tests d’autopollinisation.

Les plantes laissés sur place feront l’objet d’une deuxième visite et ce afin de suivre leur fructification et de collecter leur graines. Ces graines seront ensuite conservées dans notre banque de graines établie à l’Ecole Normale de l’Université de Yaoundé I.


Illustrations

Zone d’étude à Oku : savane arborée d’altitude (vers 2400 m) sur les flancs du lac Oku, milieu naturel de l’orchidée étudiée et dans lequel nous avons fait nos observations. Photographe : V. Droissart.
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Méthodologie et dispositifs expérimentaux utilisés pour l’étude de la biologie de la reproduction de l’espèce d’orchidée épiphyte : A-C : suivi de la floraison et de la pollinisation dans la canopée des arbres. D-E : installation de caméra piège en haut d’un arbre et premier pollinisateur filmé au Cameroun. Photographe : V. Droissart.
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Piégeage des insectes pollinisateurs potentiels : à gauche, piège lumineux installé sur le site d’étude à Oku et suivi entre 18h et 1h du matin ; à droite, exemple de pollinisateur potentiel (papillon sphinx) capturé. Photographe : V. Droissart.
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Dernière modification : 29/06/2017

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