Peine de mort - Évènement « Les journalistes et l’abolition » (Quai d’Orsay, 10 octobre 2016)

A l’occasion de la journée mondiale contre la peine de mort et en cette année très symbolique où nous célébrerons le trente-cinquième anniversaire de l’abolition en France, le ministère des Affaires étrangères et du Développement international organisait au Quai d’Orsay, le 10 octobre 2016 un évènement sur le rôle des journalistes dans la diffusion de la culture de l’abolition de la peine de mort. L’Ambassade de France au Cameroun organise une réception en l’honneur du lauréat camerounais M. Christian Thouani le 19 octobre 2016 à la Résidence de France.

Les lauréats du concours

  • Le 1er prix du reportage écrit sur la situation internationale de la peine de mort en 2016 a été attribué à Aboubacar Dicko (Mali)
  • Le 1er prix du reportage audio sur la situation internationale de la peine de mort en 2016 a été attribué à Myriam Dossou (Bénin)
  • Le diplôme de lauréat du reportage audio sur la situation internationale de la peine de mort a été attribué à Gaétan Segueda (Burkina Faso)

Discours de Jean-Marc Ayrault en ouverture de l’évènement

"[…] La lutte contre la peine de mort est un combat politique et moral qui traduit une certaine conception de la justice et de l’Homme. Elle est donc un enjeu de civilisation. Mener ce combat, pour nous, c’est un impératif absolu.

La peine capitale, nous l’affirmons, est une inhumaine et également inefficace. Loin de protéger les hommes, elle est la négation de l’humanité. Loin d’être protectrice de leur sécurité, elle repose sur la peur, la violence et la mort.

Les arguments sont connus mais, face aux préjugés, il est essentiel de les rappeler, inlassablement. Il est d’autant plus nécessaire de le faire que la tentation existe d’invoquer par exemple la menace terroriste pour justifier l’application de la peine de mort. C’est ce que l’on peut entendre, encore modérément, en particulier en Europe, mais attention, c’est un piège. C’est un piège dans lequel certains veulent nous entraîner. Rien ne justifie la remise en cause des droits de l’Homme, qui sont universels et qui transcendent toutes les vicissitudes.

Et quand on voit dans des opérations de propagande morbide les terroristes exécuter en direct, montrant par l’image leur acte, ce serait pour eux une victoire si nous les suivions un peu sur le même chemin en rétablissant la peine de mort dans nos sociétés qui sont menacées justement par eux. Alors que leur but c’est la destruction de ce que nous sommes, la destruction du haut niveau de civilisation pour lequel nous nous battons.

Et, donc, nous le savons et le réaffirmons, face à la haine et à la violence aveugle du terrorisme, la peine capitale est impuissante. La guillotine, pas plus que la pendaison, la décapitation, l’injection létale ou la fusillade, ne protège. La peine de mort n’est jamais, en aucun cas, gage de sûreté contre des individus décidés à mourir pour leur cause. Elle est la solution de facilité pour toute société qui se laisserait dominer par la peur.

La justice doit rester la justice. La peine de mort n’est pas la justice. Verser le sang face au sang versé est une tentation irrationnelle. Le recours à la violence d’État n’arrêtera jamais le crime, je l’affirme encore une fois avec conviction.

Naturellement qu’il n’y ait aucun malentendu, certains voudraient le faire croire, cela n’empêche en aucune façon la fermeté absolue dans la réponse au terrorisme. L’abolition universelle de la peine de mort porte un espoir et un message de confiance dans nos sociétés, dans nos démocraties et je suis sûr en effet que les peuples sont profondément convaincus, si on prend la peine d’expliquer pour convaincre, de la justesse et de l’universalité des droits de l’Homme. Et c’est précisément cette conception de la société que visent, encore une fois, les terroristes.[…]"

- Lire l’intégralité du discours

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Dernière modification : 15/11/2016

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