Paysage médiatique camerounais

Le paysage médiatique camerounais se caractérise par un secteur audiovisuel en expansion, avec de nouveaux opérateurs privés, et par une presse écrite nombreuse, même si tous les titres ne paraissent pas régulièrement. Ces médias se développent avec des moyens encore limités.

 

La presse écrite

 

Une quinzaine de journaux paraissent régulièrement, dont le quotidien public et bilingue, Cameroon Tribune, qui présente la politique du gouvernement. Le journal publie les décrets du Président de la République, les nominations et les appels d’offres.

Les principaux journaux privés sont plutôt critiques à l’égard du gouvernement, qu’ils soient francophones : (Mutations, Le Messager, La Nouvelle Expression), ou anglophones (The Herald ou The Post). Les principaux journaux régionaux sont Ouest Echos ou L’Oeil du Sahel (Nord).

La quasi-totalité de la presse camerounaise est concentrée à Douala et à Yaoundé. Les tirages des journaux ne dépassent pas quelques milliers d’exemplaires.

La situation matérielle de la presse écrite camerounaise demeure difficile. La plupart des journaux connaissent une situation financière précaire liée notamment au coût élevé du papier et de l’impression et à l’étroitesse du marché publicitaire. De nombreux titres ne paraissent qu’épisodiquement.

 

L’audiovisuel

 

Alors que l’entreprise publique nationale, la Cameroun Radio Television" (CRTV) beneficie d’une situation de monopole, en fixant les conditions de l’ouverture à la concurrence de la production et de la diffusion de radio et de télévision, le décret du 3 avril 2000 portant application de la loi de décembre 1990 sur la liberté de communication sociale a permis l’apparition récente d’opérateurs privés.

Toutefois, leur situation juridique demeure fragile. A ce stade, seules des licences d’exploitation provisoire ont été délivrées par le Ministère de la Communication, à partir du 19 septembre 2003.

 

Radio

Emettant en FM et en ondes moyennes, la CRTV compte 13 stations de radios. Le poste national, radio généraliste installée à Yaoundé, émet en FM et en OM, à travers tout le Cameroun en langue française (60%) et anglaise (40%). Les 10 stations provinciales installées dans les principales villes du pays produisent des émissions locales en français, anglais et langues locales, avec des plages horaires communes avec le poste national. Enfin, les deux radios locales parmi les plus actives émettent en FM à Yaoundé (FM 94) et à Douala (FM 105) et ont une vocation musicale et commerciale.

S’y ajoutent désormais des radios privées, à caractère généraliste (par exemple Siantou et Magic FM à Yaoundé), (Equinoxe à Douala), confessionnel (comme Radio Reine, radio catholique relayant Radio Notre-Dame de Paris ou, à l’occasion, Radio Vatican) ou communautaire.

Depuis 2001, RFI et la BBC émettent en FM, à Yaoundé, Douala et Bafoussam.

 

Télévision

La « Cameroon Radio Television » (CRTV), chaîne publique bilingue français et anglais, émet à partir de Yaoundé sur l’ensemble du territoire avec des relais dans chaque province. La CRTV est dirigée par M. Amadou Vamoulké, depuis 2004.

Le paysage audiovisuel a vu l’apparition de nouvelles chaînes surtout privées dont l’audience croit fortement. Canal 2 International émet en français, à Douala et Yaoundé, où elle domine. Au-delà de programmes de musique, la chaîne diffuse désormais des fictions produites localement et des débats et émissions de société.

Spectrum TV (ou STV) émet à partir de Douala et laisse une place plus importante aux journaux télévisés, ainsi qu’à la langue anglaise.

Les chaînes de télévisions étrangères, exercent une très forte attraction sur le public camerounais.

Par décret et arrêté du Premier ministre, du 9 décembre 2002, le Gouvernement a crée une carte de presse, jusque là délivrée directement au journaliste par le responsable de son organe de presse, et qui doit désormais être attribuée par une Commission de la délivrance de la carte. « Organe mixte et autonome d’autorégulation professionnelle », la Commission est placée auprès du Ministre de la Communication.

Par arrêté du 23 septembre 2002 du Ministre de la Communication, le Gouvernement a institué une Commission nationale des demandes d’accès au bénéfice de l’aide publique à la communication privée. Cette aide comprend, notamment, une aide financière aux journaux et un volet formation des journalistes./.

Dernière modification : 05/08/2011

Haut de page