Mot de bienvenue de M. l’Ambassadeur de France au Cameroun pour la soirée « Paroles de filles », organisée à l’Institut français de Yaoundé (18 octobre 2016)

PNG

Mot de bienvenue de M. l’Ambassadeur de France au Cameroun pour la soirée « Paroles de filles », organisée à l’Institut français de Yaoundé

(Yaoundé, 18 octobre 2016)


Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,

Monsieur le Haut-Commissaire du Canada, mon cher René,

Mesdames et Messieurs les chefs de missions diplomatiques au Cameroun,

Mesdames et Messieurs les représentants des agences du système des Nations Unies,

Mesdames et Messieurs, chers invités,

C’est un plaisir pour moi de vous accueillir ce soir à l’Institut français du Cameroun.
Je tiens tout d’abord à vous remercier d’être venus aussi nombreux pour prendre part à cette soirée consacrée à la question du mariage précoce des jeunes filles au Cameroun.

Chaque jour, 39 000 mariages d’enfants ont lieu dans le monde. Le Fonds des Nations Unies (FNUAP) pour la population estime qu’en 2010, 67 millions de femmes âgées de 20 à 24 ans aujourd’hui ont été mariées avant 18 ans et qu’entre 2011 et 2020, 140 millions de filles l’ont été ou le seront.

Je reviens tout juste d’une mission de plusieurs jours dans le Septentrion camerounais J’ai pu constater les conséquences souvent dramatiques provoquées par le phénomène des mariages précoces, comme malheureusement je les avais déjà observées dans mon poste précédent au Burkina Faso.

Les experts présents ce soir en parleront mieux que moi, mais une chose est claire : cette pratique constitue un véritable fléau pour ces enfants qui deviennent dans les cas les plus dramatiques des esclaves sexuelles et économiques, souvent les deux vont de pair, contre leur volonté et au péril de leur vie.

Avant leur quinzième anniversaire, ces jeunes filles ont en effet cinq fois plus de risques de mourir en couches que leurs pairs dans la vingtaine. En résumé, elles ont peu de contrôle sur leur vie sexuelle et sont plus exposées au VIH.

Au-delà des aspects vitaux liés à la santé physique et psychologique, en les privant de leur vie d’adolescente, on leur interdit toute possibilité de scolarisation et in fine d’insertion dans le monde du travail hors du cercle familial. Il est donc crucial de lutter contre cette pratique archaïque qui prive le Cameroun d’un nombre trop important de ses enfants.

Quand le Haut-Commissariat du Canada a souhaité pouvoir exposer les histoires de ces jeunes filles mariées trop tôt (et souvent de force), la France à travers l’IFC s’est tout de suite associée à cette démarche. S’en est suivi un travail en étroite collaboration avec le Haut-Commissariat du Canada, et les agences onusiennes de l’UNICEF et du FNUAP.

J’ai promis d’être bref alors laissez-moi avant de conclure remercier l’UNICEF et l’UNFPA pour leur implication dans la réussite de cette soirée. Et bien entendu, je remercie chaleureusement le Haut-Commissariat du Canada pour son rôle moteur. Je me félicite particulièrement de savoir que l’exposition que nous allons découvrir à Yaoundé jusqu’au 30 octobre, sera exposée sur le site de l’Institut Français du Cameroun à Douala, puis à l’Alliances franco-camerounaise de Bamenda, à l’Alliance Française de Garoua et enfin à l’antenne de cette dernière à N’Gaoundéré.

Merci M. le Haut-Commissaire,

Je suis persuadé que le débat qui va suivre sera très instructif, comme l’exposition que vous découvrirez ensuite. Je vous souhaite donc une excellente soirée.

Merci de votre aimable attention.

Dernière modification : 09/11/2016

Haut de page