Développement du projet RainCell au Cameroun

Le projet RainCell permettant la détection précoce de zones d’inondations grâce aux réseaux de téléphonie se développe au Cameroun.

RainCell est un projet de quantification et de spatialisation des pluies à partir des réseaux de téléphonie mobile pour une meilleure gestion de la ressource en eau et la prévision des risques d’inondation au Cameroun.

Depuis quatre ans, une équipe internationale de scientifiques sous l’égide de Marielle Gosset (IRD/UMR GET -Géosciences Environnement Toulouse-) et Frédéric Cazenave (IRD/UMR IGE -Institut des Géosciences de l’Environnement-, Grenoble) met sur pied une méthode innovante, dénommée RainCell (Rain measurement from Cellular phone networks), de suivi des pluies et d’anticipation des risques liés à l’excès (inondation) ou au déficit (sécheresse) des précipitations. Ce type de données fait grandement défaut dans les zones tropicales.

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La méthode RainCell s’appuie sur le constat que l’énergie portée dans les signaux des réseaux de téléphonie mobile s’atténue lorsqu’il pleut entre les antennes-relais du fait de la diffusion de l’onde par les gouttes de pluie. Ainsi, les chercheurs se sont rendus compte qu’en mesurant les fluctuations du signal, il était possible d’estimer la quantité de pluie tombée en tout point du réseau et ce, potentiellement en temps réel et à faible coût.

La mise en œuvre de RainCell nécessite un partenariat étroit entre opérateurs de téléphonie mobile (fournisseurs de données) et chercheurs. Raincell permet d’obtenir le terme d’entrée « pluie spatialisée » des modèles hydrauliques et hydrologiques. C’est un atout précieux dans la gestion des ressources en eau et des risques d’inondation que ce soit pour les milieux urbains ou agricoles.

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En Afrique, la mesure spatialisée des pluies RainCell a d’abord été testée et validée pour la première fois à Ouagadougou au Burkina Faso dans le cadre d’une collaboration avec l’opérateur Telecel Faso, puis le projet s’est étendu aux villes de Bamako (Mali) et Niamey (Niger) (cf. http://www.ird.fr/climat/recherches-sur-le-changement-climatique/projet-rain-cell-africa/).

Ces travaux ont été financés par la Banque Mondiale pour un projet de détection précoce des inondations. Au Cameroun, la composante RainCell (RainCell-Cameroun) est intégrée aux projets en hydrologie urbaine développés actuellement pour les villes de Douala et de Yaoundé. A terme, les chroniques de mesures serviront à produire des cartes des zones inondables, utiles aux plans d’aménagement urbain. Les mesures en temps réel serviront de base de travail et d’alerte aux autorités compétentes (Communautés Urbaines, Protection Civile, Sapeurs Pompiers) dans la gestion des risques d’inondation. RainCell-Cameroun pourra être étendu à d’autres villes camerounaises.

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Matias Alcoba, ingénieur en télédétection (IRD/GET), est venu en mission au Cameroun dans le cadre du projet RainCell (Rain measurement from Cellular phone networks). Son séjour s’est déroulé du 6 au 30 mars 2017. Lors de sa mission, Matias Alcoba a rencontré les équipes techniques de l’opérateur de téléphonie mobile Orange et les principaux partenaires camerounais impliqués dans RainCell-Cameroun, à savoir : Raphael Onguéné (enseignant IUT, Université de Douala,), Armand Nzeugou (enseignant IUT, Université de Dschang) et William Tsagué (PhD, Université de Yaoundé 1).

Le développement de RainCell-Cameroun sera un levier idéal pour la création de start-ups dédiées à la gestion des ressources en eau et des inondations. Ces travaux sont porteurs d’espoir tant pour les populations urbaines que rurales.

Dernière modification : 19/04/2017

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