Le prix Simone Veil pour l’égalité femmes-hommes célébré à l’Ambassade de France

Jeudi 16 mai 2019, l’Ambassade de France a honoré Aissa Doumara, première lauréate du prix Simone Veil de la République française pour l’égalité femmes-hommes, en présence de la Ministre de la Promotion de la femme et de la famille.

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Un prix français à portée internationale

Le 8 mars dernier, une Camerounaise, Aissa Doumara, recevait le premier prix Simone Veil de la République française pour l’égalité femmes-hommes. Créé et décerné par le Président français à l’occasion de la Journée internationale pour les droits des femmes, ce prix vise à faire de l’égalité des genres une cause mondiale. Si Emmanuel Macron a fait de ce combat la « Grande cause du quinquennat » dès le début de son mandat en 2017, il souhaite désormais lui faire passer les frontières. Ainsi, ce prix distinguera chaque année les personnalités ou collectifs à travers le monde dont les actions contribuent à faire avancer la cause des femmes. Il est doté de 100 000 € (65,6 millions de FCFA) afin d’accompagner des actions concrètes sur le terrain.

Pour cette première année, un jury composé de neuf personnalités, françaises et internationales, engagées dans la lutte pour les droits des femmes, a décidé de récompenser la Camerounaise Aissa Doumara.

Un parcours exemplaire pour les droits des femmes dans l’Extrême-Nord du Cameroun

Depuis plus de 20 ans, Aissa Doumara est engagée dans la lutte contre les mariages forcés et précoces ainsi que les violences faites aux femmes dans la région de l’Extrême-Nord. En 1996, alors âgée d’à peine 25 ans, elle rencontre Billé Siké, défenseuse des droits des femmes, sociologue et créatrice de l’Association de Lutte contre les Violences Faites aux Femmes (ALVF). Deux ans plus tard, les deux femmes inaugurent ensemble l’antenne de l’association à Maroua, dans l’Extrême-Nord. Depuis, l’organisation vient en aide à plus d’un millier de jeunes filles et de femmes chaque année. Présente dans les six départements de l’Extrême-Nord, l’ALVF assure soutien psychologique, formation professionnelle et accompagnement à la création de microentreprises. Ainsi autonomisées, les jeunes filles retrouvent confiance et estime de soi, ce qui leur permet de s’affranchir d’un destin subi.

En effet, chaque année, ce sont 12 millions d’enfants qui sont mariés de force. Les conséquences sont graves. Les mariages précoces entraînent souvent des violences et abus sexuels ainsi que des grossesses précoces qui présentent des risques pour la santé des filles. Ils les privent généralement d’éducation, ce qui a des répercussions jusque sur le développement du pays.

Grâce à son association, Aissa Doumara accueille et accompagne les victimes de viols, de mariages forcés et de violences à l’Extrême-Nord, région particulièrement concernée au Cameroun. Elle organise également, auprès des familles, des actions de sensibilisation aux mariages précoces dans les villages les plus reculés.

C’est pour honorer ce parcours exemplaire et contribuer à faire parler des violences faites aux femmes, que l’Ambassadeur de France, Gilles Thibault, a organisé jeudi 16 mai 2019, une réception à la Résidence de France. La Ministre de la Promotion de la femme et de la famille, Madame Marie-Thérèse Abena Ondoa, et la Ministre des Affaires sociales, Madame Pauline Irène Nguene, étaient présentes. Parmi les invités également, des autorités traditionnelles, des diplomates, des représentants d’organisations internationales et de nombreux acteurs de la société civile.

Dernière modification : 27/06/2019

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