La France contribue à la lutte contre la progression de l’onchocercose

Dans le but de contribuer à la lutte contre cette maladie, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS/TDR), et plusieurs institutions françaises dont l’Agence Nationale de la Recherche française (ANR), le Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’Ambassade de France au Cameroun et le Département Soutien et Formation (DSF) de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) ont apporté un soutien technique et financier à Monsieur Nana Djeunga Hugues Clotaire dans l’élaboration de sa thèse intitulée « Le traitement de l’onchocercose par l’ivermectine : évaluation de l’émergence d’une résistance ».

JPEGCe dernier a soutenu sa thèse de Doctorat/Ph.D en Biologie et Physiologie Animales, option Parasitologie et Ecologie du Département de Biologie et Physiologie Animales à l’Université de Yaoundé I le Jeudi 7 Février 2019.

L’onchocercose : une maladie au traitement complexe

L’onchocercose est une maladie due à un ver parasite, Onchocerca volvulus, qui est transmis d’homme à homme par des moucherons piqueurs vivant près des rivières à courant rapide. Les vers adultes sont pelotonnés dans des nodules sous-cutanés et produisent des larves (les microfilaires) qui envahissent la peau et l’œil, où elles vont provoquer des lésions graves. La lutte contre l’onchocercose est basée sur le traitement de toute la population vivant dans les zones affectées par un médicament appelé ivermectine. La prise des comprimés (1 à 4 selon le poids) provoque en quelques jours une destruction des microfilaires cutanées et entraîne pendant quelques mois un arrêt de la production de nouvelles microfilaires par les parasites adultes. Par la suite, cette production reprend et, au bout d’un an, un nouveau traitement est nécessaire.

Des travaux menés dans les années 2000 avaient montré que les traitements par ivermectine entraînaient une sélection génétique des vers. Mais on se demandait si les parasites sélectionnés n’étaient pas devenus plus résistants à l’ivermectine.

L’étude qui a été menée visait à comparer la réponse à l’ivermectine dans deux populations de parasite : l’une provenant de personnes ayant reçu de l’ivermectine tous les ans pendant de nombreuses années (groupe multi-traité), et l’autre qui n’avait jamais été traitée (groupe naïf). Les résultats ont montré que la sensibilité des microfilaires au médicament était similaire dans les deux populations. Cette observation était rassurante dans la mesure où ce sont les microfilaires qui provoquent la maladie. Les vers femelles adultes, quant à eux, semblaient reprendre la production de microfilaires un peu plus tôt dans la population multi-traitée que dans la population naïve, mais ceci était compensé par le fait que cette production était moindre.

L’analyse génétique des vers adultes prélevés chez les sujets des deux groupes ont confirmé que l’ivermectine entraînait une sélection de certains gènes et ont montré que la survenue éventuelle d’une résistance serait déterminée par plusieurs gènes.

Contribution de la thèse à la Santé Publique

JPEGLes résultats obtenus par Monsieur NANA DJEUNGA donnent des éléments facilitant l’évaluation par modélisation mathématique du risque d’extension d’un éventuel phénomène de résistance d’O. volvulus à l’ivermectine. Ils peuvent aussi contribuer à identifier des marqueurs génétiques permettant d’identifier de manière précoce l’apparition d’une résistance sur le terrain. Des recommandations ont été formulées à l’endroit du Programme National de Lutte contre l’Onchocercose (PNLO) (invité à la Soutenance par le Doyen de la Faculté des Sciences de l’Université de Yaoundé I) et d’autres parties prenantes engagées dans la lutte contre l’onchocercose afin de contrôler voire d’endiguer l’émergence d’une éventuelle résistance.

Dernière modification : 20/02/2019

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