Le programme "Géoscientifiques sans frontières" se penche sur les réserves en eau potable de Douala

Au Cameroun, du 16 au 26 mai 2016, des étudiants se sont formés aux méthodes de détection par géophysique non invasive du biseau salin côtier et des réserves en eau potable dans la région de Douala.

Située en bordure de l’océan et entourée de lagunes, la communauté urbaine de Douala (CUD) est particulièrement touchée par les difficultés d’accès à l’eau potable. Un problème environnemental qui a des répercussions dramatiques en santé publique, pour lequel l’école de terrain du programme « Geoscientists Without Borders » (1) s’est mobilisée : en deux sessions, des étudiants camerounais et des pays de la sous-région (2) se sont formés à des méthodes géophysiques non invasives de recherche et caractérisation des ressources en eau souterraine. Sa première édition (cf. Sciences au Sud, no. 79, 2015). avait permis de quantifier la ressource accessible dans la partie la plus terrestre de la CUD. La seconde édition a eu pour objectif, à l’aide d’outils adaptés à la détection des contraste de salinité de sub-surface (EM, TEM ; matériel des Universités de Grenoble et du Missouri) de préciser les limites de l’intrusion du biseau salin dans la partie la plus littorale de la CUD, et de situer ce risque dans sa variabilité hydrogéologique naturelle au Cameroun.

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Les étudiants, de niveau master, ingénieur ou doctorat (Université de Ngaoundéré ; Université catholique de St Jérôme de Douala et étudiants de l’IRAD de Limbé / Batoké, sur une journée ; Université D’abomey Calavi au Bénin et Université de Maiduguri au Nigéria) ont pris en main ces techniques en vue d’être autonomes dans l’implémentation et l’acquisition de données de bonne qualité. Ils ont aussi développé les compétences pour interpréter de manière critique les sondages en milieu bruité, avec une formation aux logiciels d’acquisition et de traitement des mesures géophysiques. Les premiers résultats indiquent que l’interface eau douce – eau salée est comparativement peu profonde à Douala, renforçant le risque de captage d’eaux saumâtres par les forages profonds. Ces résultats, qui seront présentés à l’occasion de colloques internationaux, sont aussi intéressants pour les ONGs, les services communaux ou les compagnies de forage de la CUD, auxquels ont été présentés les premiers résultats de ces investigations.

 

 

Notes :
(1) Projet financé par la fondation SEG (Society of Exploration Geophysicists) sur la période 2014-2016, construit dans le cadre du LMI Picass’eau, co-porté par l’Université de Ngaoundéré.
(2) Universités de Ngaoundéré au Cameroun, Université de Maiduguri au Nigéria, Université d’Abomey Calavi au Bénin, Université du Missouri à Kansas City, USA, et IRD LTHE et HSM en France.

 

Contacts :
Guillaume.Favreau et Marie Boucher
IRD, UMRs LTHE et HSM ; guillaume.favreau@ird.fr ; marie.boucher@ird.fr
Benjamin Ngounou Ngatcha
Département de Géologie, Université de Ngaoundéré ; ngatchangou@yahoo.fr

 

Légende de la photo d’illustration : Géophysique non invasive de sub-surface ( 0 - 100 m) appliquée par des étudiants camerounais, nigérians et béninois participants à l’école GWB 2016 pour déterminer les contrastes eaux douces – eaux salées au sein des aquifères côtiers du littoral camerounais.

Dernière modification : 01/06/2016

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