L’Institut de recherche pour le développement lance une étude sur les sérums antivenimeux

Une étude sur l’efficacité des sérums antivenimeux en cas de morsure de serpent a démarré au Cameroun. Elle est coordonnée par l’Institut Pasteur et mise en œuvre par Epicentre, avec le soutien de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et ses partenaires. Depuis début août 2019, une demi-douzaine de centres répartis sur tout le territoire national est formée.

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En 2017, les morsures de serpent ont été reconnues par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une maladie négligée dont l’incidence et la mortalité restent fortement sous-estimées dans les pays du Sud. Au Cameroun, le Ministère de la Santé publique a déclaré les morsures de serpent problème de santé prioritaire en 2015 et mis en place un relevé hebdomadaire de leur nombre. Les estimations sont toutefois très inférieures à la réalité en raison du recueil partiel des données et du recours fréquent aux tradipraticiens sans référencement dans une structure sanitaire.

Dans ce contexte, l’Institut de recherche pour le développement soutient une étude coordonnée par l’Institut Pasteur et mise en œuvre par Epicentre, en partenariat avec la Cameroon Society of Epidemiology et la Société africaine de venimologie, sous l’égide du Ministère de la Santé publique. Intitulée « Morsures de serpent au Cameroun : évaluation de sérum antivenimeux en Afrique (ESAA) relevé de données en condition de vie réelle », cette étude vise à évaluer la tolérance et l’efficacité cliniques d’un sérum antivenimeux enregistré au Cameroun. Elle permettra d’accroître les informations épidémiologiques et cliniques sur la morbidité et la mortalité par morsure de serpent, ainsi que leur traitement. Elle s’inscrit dans une perspective de renforcement des capacités du personnel de santé sur la prise en charge des patients mordus par un serpent et d’amélioration du système de surveillance et de notification des envenimations.

L’étude s’étendra sur deux ans. Quatorze sites répartis sur l’ensemble du Cameroun participeront à l’étude afin de couvrir des zones de forêt et de savane, où l’écologie des serpents est différente. Après un lancement officiel les 26 et 27 juin 2019, une demi-douzaine de centres est en phase d’organisation et de formation depuis début août. À partir du mois de septembre, ces centres ouvriront, à commencer par ceux du grand Sud (Yaoundé, Akonolinga et Sa’a), puis ceux du grand Nord (Kolofata, Mora et Tokombéré). D’ici la fin de l’année 2019, huit centres devraient être opérationnels et un total de 470 patients seront suivis au cours des deux années que durera l’étude.

En savoir plus sur l’étude

Dernière modification : 09/09/2019

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