Discours prononcé par Mme l’ambassadrice à la résidence de France le 14 juillet 2016


14 JUILLET 2016
DISCOURS DE MME L’AMBASSADRICE

 

Excellence, Monsieur le Ministre Délégué aux Relations Extérieures chargé du Commonwealth,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Honorables membres du Sénat et de l’Assemblée nationale,
Mesdames et messieurs les autorités civiles, militaires, religieuses et coutumières,
Dear colleagues,
Ladies and Gentlemen,
Chers compatriotes,
All protocol duly observed,

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Avec mes collègues des différents services de l’Ambassade et des institutions françaises au Cameroun, je partage le plaisir de vous recevoir à la Résidence de France pour fêter le 14 juillet, Bastille Day et la devise de la République française, qui ne date pas de la prise de la Bastille mais du 14 juillet 1880. Du fait de l’histoire longue, mouvementée, parfois violente, de la construction de la démocratie en France, ce n’est en effet qu’en 1880 qu’a été figé l’ordonnancement des trois mots : Liberté – Egalité – Fraternité.

Les siècles passent mais la célébration de la Fête Nationale garde en France le caractère populaire qu’a eu la grande Fête de la Fédération de 1790, symbole de paix civile, de réconciliation et d’unité nationale. Pour les Français, le 14 juillet, c’est le défilé militaire sur les Champs Elysées mais c’est surtout la musique et la danse des bals populaires organisés dans les villes et les villages par les municipalités et souvent par les pompiers.

Le terrorisme qui a durement frappé la France, comme le Cameroun et d’autres pays dont les ambassadeurs sont ici ce soir, impose des mesures particulières pour assurer la sécurité des rassemblements joyeux de ce 14 juillet 2016. En même temps, la menace terroriste leur donne une résonnance d’autant plus forte que, comme les autres peuples frappés par des violences barbares, les Français savent que la meilleure réponse à la terreur, c’est de continuer à vivre, à construire, à travailler, à créer, à s’aimer et à se distraire et surtout de rester unis et fidèles à la devise de leur République. Cette force des Français face à l’adversité s’est aussi exprimée à l’occasion du récent championnat d’Europe de football, qui vient de se dérouler en France dans l’enthousiasme populaire.

La célébration de la Fête nationale est l’occasion de revenir, chaque 14 juillet, sur les relations bilatérales entre la France et le Cameroun. Au cours de l’année écoulée, des événements importants ont renforcé encore l’amitié ancienne et profonde entre ces deux partenaires, une amitié de notre temps, entre Etats égaux et peuples égaux, qui s’épaulent mutuellement et agissent côte à côte pour bâtir un monde meilleur.

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Parmi ces événements, la participation du Président Biya à la conférence de Paris sur le Climat. Elle a permis de faire entendre avec force la voix du Cameroun dans la négociation de l’accord de Paris, accord que le Cameroun a été l’un des premiers à ratifier.

Dans la lignée de la visite d’Etat du Président Hollande, le 3 juillet de l’an dernier, des visites françaises de haut niveau se sont succédées au Cameroun : à Yaoundé mais aussi à Douala et à Maroua. Le Ministre des Finances Michel Sapin, deux Secrétaires d’Etat au développement, Annick Girardin et André Vallini et le nouveau directeur général de l’AFD sont venus témoigner de l’engagement de la France aux côtés du Cameroun pour son développement, engagement confirmé par la signature du 3ème contrat de désendettement et de développement. Ce C2D contribuera à la croissance économique et à l’amélioration des conditions de vie des populations urbaines et rurales, en particulier celles des régions périphériques et notamment l’Extrême Nord.

Comme le Président Hollande l’avait annoncé, la France a accru son soutien au Cameroun dans sa lutte contre Boko Haram. Nos deux pays ont renforcé leur coopération militaire opérationnelle, dont un des volets, la formation de forces spéciales, a été mis en valeur lors du défilé du 20 mai dernier. Un autre fait marquant de la vitalité de cette coopération militaire a été la visite à Yaoundé du Chef d’Etat-major des armées françaises en janvier dernier. La France a renforcé aussi son assistance humanitaire aux populations meurtries et appauvries par le conflit.

Un autre engagement pris par le Président Hollande sera tenu : celui d’ouvrir aux chercheurs les archives de l’époque des maquis indépendantistes et de leur répression. La France n’entend rien cacher de notre histoire commune.

C’est la troisième fois que j’ai le plaisir de célébrer le 14 juillet avec vous. C’est aussi la dernière car ma mission touche à sa fin. Cette mission a été passionnante. J’ai eu la chance de pouvoir m’appuyer sur une superbe équipe, d’être soutenue par la communauté française au Cameroun et par ses associations.

Je tiens également à exprimer mon appréciation de la qualité des relations entre l’équipe France et les entreprises françaises présentes au Cameroun et à souligner l’apport de ces entreprises au développement de ce pays. Je remercie tous mes compatriotes.

Première femme ambassadrice de France à Yaoundé, arrivée au moment où la crise de la RCA et les violences de Boko Haram débordaient du côté camerounais des frontières, au moment où une campagne mensongère et négative à l’égard des Français se développait dans le pays, j’ai eu des défis à relever. J’y ai été aidée par de très nombreux soutiens venus de toutes les composantes de la société camerounaise. Je suis reconnaissante à mes interlocuteurs au sein du gouvernement de la classe politique et de la société civile de la confiance qu’ils m’ont accordée.

Je remercie les innombrables Camerounais, dont beaucoup de femmes, qui dans les rues ou les supermarchés de Yaoundé, comme au cours de mes déplacement dans le pays, m’ont spontanément manifesté leur sympathie et prodigué des encouragements.

D’ici deux mois, je quitterai le Cameroun, avec la satisfaction du travail accompli et l’envie d’y revenir, d’y revenir en voyageuse amie des Camerounais, anonyme, retraitée libre de toute obligation professionnelle et sans ce titre d’Excellence qui fait parfois barrière à des échanges d’égal à égal.

Le Père Georges rêve de retourner à Ngetchewé, village du Mayo-Tsanaga dont il a partagé la vie paisible jusqu’à son enlèvement. Je l’en dissuade bien sûr. En même temps, je souhaite ardemment que Ngetchewé, cible de quatre attentats et tous les autres villages et les villes frappées par la terreur retrouvent une paix durable, que tous les Français qui ont des liens forts avec cette région puissent y revenir et que d’autres y arrivent pour contribuer à sa reconstruction et à son développement ou simplement pour en admirer la beauté.

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Je vous remercie pour votre présence ce soir, pour votre soutien au long des trois ans passés ensemble et je vous propose de porter un toast à l’amitié franco-camerounaise.

Dernière modification : 27/09/2016

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