Discours prononcé lors de la cérémonie de restitution de l’étude HandiVIH


DISCOURS DE M JEREMIE ROBERT, PREMIER CONSEILLER

JEUDI 7 AVRIL 2016 A 10H00
CENTRE PASTEUR DU CAMEROUN

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-  Mme le Secrétaire Générale du Ministère de la Santé Publique
-  Mme le Conseiller technique numéro 1 du Ministère des Affaires Sociales (Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement)
-  Distingués invités

C’est avec grand plaisir que je participe aujourd’hui, au nom de l’Ambassadrice de France Christine ROBICHON, à la restitution de l’étude HandiVIH faisant un état des lieux sur la vulnérabilité des personnes en situation de handicap face au VIH/Sida à Yaoundé.

Le handicap est une réalité qui nous concerne tous quelle que soit la partie du globe. L’OMS estime que 15% de la population mondiale, plus d’un milliard de personnes, vit avec un handicap et la majeure partie d’entre elles se trouve dans les pays du Sud.
Beaucoup de personnes en situation de handicap doivent vivre dans un monde qui, malgré certains progrès, ne leur est pas adapté. Ils font souvent face à une stigmatisation persistante au sein des communautés. Sans les considérer comme des victimes, mais des acteurs essentiels, des personnes avec des droits et des aspirations, il nous faut bien comprendre la difficulté, le courage à chaque fois qu’à cause d’un handicap, les gestes courants de la vie quotidienne deviennent autant d’obstacles.

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Les politiques publiques doivent être à la hauteur de l’enjeu. Pourtant les personnes en situation de handicap sont souvent peu considérées lorsqu’on aborde les grands problèmes de société et de santé.

Cette triste réalité n’est pas propre à un pays ou à un continent particulier. Le Président François Hollande. Lors de la conclusion de la conférence nationale sur le handicap en France en décembre 2014, le Président Hollande indiquait que « contrairement à bien des idées reçues, l’accès aux soins des personnes handicapées est loin d’être une évidence. Les personnes handicapées bénéficient moins des programmes de prévention et de dépistage. Cela veut dire qu’à une forme d’inégalité s’ajoutent d’autres inégalités, comme l’inégalité de l’accès aux soins ».

Comme dans les autres secteurs, les personnes handicapées sont oubliées dans la lutte contre l’épidémie du VIH/Sida sous prétexte qu’elles ne seraient pas concernées. Leur vulnérabilité est d’autant plus ignorée qu’en l’absence de données fiables il est difficile de les prendre en compte dans les grands programmes de santé publique.

En 2014, Michel Sidibe directeur de l’ONUSIDA, lors de son allocution d’ouverture de la conférence internationale sur le SIDA qui se tenait à Melbourne a souligné deux points :
-  L’importante intersection entre handicap et VIH, intersection qui va dans les deux sens : les personnes handicapées sont plus exposés au risque d’infection par le VIH mais aussi l’infection par le VIH comme facteur de handicap.
-  La nécessité d’une meilleure inclusion des personnes handicapées et des organisations les représentant dans la réponse à l’épidémie du VIH, dans la réflexion et la mise en œuvre de la réponse à l’épidémie de VIH SIDA.

L’étude HandiVIH est une étude très importante, conçue à la demande des personnes handicapées, demande portée par l’ONG française Handicap International. Ses résultats doivent servir à appuyer le plaidoyer pour une meilleure inclusion des personnes handicapées dans la réponse au VIH, à identifier leurs besoins, et à déterminer les interventions les plus appropriées en leur direction.

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Ces résultats serviront notamment au Cameroun à faciliter l’inclusion des personnes handicapées dans les populations clés définies par le Fonds Mondial de Lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.

Née de l’engagement d’Handicap International auprès des personnes handicapées, cette étude a été portée par deux institutions que je souhaite saluer : l’une camerounaise : l’Institut de Formation et de Recherche Démographiques (IFORD) et l’autre française : l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Cette étude n’aurait pas eu lieu sans le soutien d’institutions françaises : l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida et les hépatites virales (ANRS) et l’agence Expertise France via son Initiative « 5% pour le Sida, la tuberculose et le paludisme », Sidaction. L’Ambassade de France au Cameroun via son Service de Coopération et d’Action Culturelle a soutenu activement tous ces efforts, notamment par le financement du film de sensibilisation que vous allez voir.

Je vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 07/04/2016

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