Discours de l’ambassadeur à l’occasion de la fête nationale du 14 Juillet

JPEGSamedi 14 juillet 2018.

Excellence, Monsieur le Ministre représentant le Chef de l’Etat,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Honorables membres du Sénat et de l’Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les autorités civiles, militaires, religieuses et coutumières,
Dear colleagues, Ladies and Gentlemen,
Chers Amis camerounais, mes chers compatriotes,

C’est avec un plaisir renouvelé et une émotion intacte que je vous reçois ce soir pour célébrer le 14 Juillet, avec l’ensemble des services et des opérateurs français. Je profite de cette belle opportunité pour les remercier, du fond du cœur, du soutien qu’ils m’apportent chaque jour.

Pour commencer, deux mots de ce qui occupe tous les esprits : la coupe du monde de football qui connaîtra son dénouement demain. Cette compétition illustre à merveille la force des liens qui unissent l’Afrique et la France. Nous avons tous suivi avec fierté, ici au Mboa, les performances de M’Bappé et d’Umtiti. Une nouvelle fois, comment ne pas voir combien nos destins sont mêlés !

Si « les Bleus » ne sont pas encore champions du monde, ils ont déjà rempli leur contrat en nous faisant rêver. Et pour demain, face à la Croatie, que le meilleur gagne !

Cette belle aventure sportive montre sans surprise que la France réussit quand l’esprit d’équipe, l’intérêt national et l’envie d’entreprendre l’emportent sur les individualités, le communautarisme et la préservation des positions acquises.

Pour ma part, je suis fier de mes 7 000 compatriotes qui vivent et apprécient, comme moi, ce beau pays, où ils travaillent dans les secteurs les plus variés, l’aidant à aller de l’avant. La France fait de même avec des équipes dévouées et des fonds très importants, grâce, pour ne citer que ceux-là, à l’AFD, à l’Institut de recherche pour le développement, au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement et bien sûr, à tous nos partenaires camerounais que je salue chaleureusement.

Le Général de Gaulle disait qu’il n’y a pas de politique qui vaille en-dehors des réalités. Il en va de même pour la coopération ! Pour illustrer ces propos, voici quelques exemples qui me tiennent à cœur.

Au profit de la jeunesse, nous appuyons, depuis 2006, deux cent cinquante mille exploitants agricoles. Nous participons à la construction de centres de formation, qui permettront, chaque année, à des milliers de jeunes et d’adultes de se former ou de se reconvertir avec succès. Je suis allé poser avec le ministre la 1ère pierre de ceux de Bandjoun et d’Ebebda. D’autres suivront à Maroua, Ndop, Douala et Edéa.

Dans le domaine de la santé, nous soutenons, entre autres, la lutte contre le SIDA, le programme élargi de vaccination, la réhabilitation et l’équipement des infrastructures sanitaires et la fourniture de médicaments dans les zones les moins accessibles.
Et j’ai une pensée particulière pour les femmes enceintes et les nouveau-nés qui bénéficient de notre programme de subvention des soins. Bravo également au centre Pasteur pour le formidable travail qu’il effectue ici depuis des décennies.

Dans un autre registre, nous accompagnons les communautés urbaines de Yaoundé et de Douala en matière d’assainissement et de drainage pluvial, ainsi que celles de Bafoussam, Garoua, Bertoua, Maroua et Bamenda, grâce au programme capitales régionales.

Ces actions, parmi tant d’autres, sont autant de réalisations concrètes qui changent la vie des Camerounais. En fait, comme je le répète partout où je vais, la coopération française, main dans la main avec le Cameroun, permet aux populations de mieux se soigner, se nourrir, éduquer les enfants, se déplacer plus facilement, avoir accès à l’eau et à l’énergie, bref elle contribue à l’amélioration de leurs conditions de vie.

Au total, bien plus d’un milliard d’euros ont été reversés par la France au bénéfice du développement de ce pays ces dix dernières années, ce qui représente, bon an, mal an, 40% de l’aide bilatérale qu’il reçoit. Le Cameroun est le pays d’Afrique subsaharienne que la France aide le plus.

Mais la coopération, pour nécessaire qu’elle soit, ne peut pas à elle seule permettre le décollage d’un pays. L’implication du secteur privé est tout aussi indispensable, comme l’est la suppression de tous les freins à l’investissement. Dans cet ordre d’idées, je me félicite qu’EDF s’engage dans la construction du barrage de Nachtigal, dont l’exploitation accroîtra considérablement les possibilités d’accès des Camerounais à l’électricité et le développement des activités économiques.

C’est pour moi l’occasion de saluer la persévérance des entreprises françaises dans la poursuite de leurs activités, malgré un contexte pas toujours simple.

Je voudrais maintenant aborder un tout autre chapitre, celui de la stabilité de l’Afrique centrale qui importe tant à nos deux pays. Comme l’an passé, je salue la contribution des autorités locales à la lutte contre Boko Haram, la qualité de l’accueil dont bénéficient les réfugiés nigérians et centrafricains, et enfin l’engagement du Cameroun dans la sécurisation du golfe de Guinée et la lutte contre le trafic des êtres humains. Ce sont là autant de domaines où nous sommes ensemble !


Today, Cameroonians face a completely different challenge : that of unity and of security. Here again, France is, and will remain by their side, wherever they come from, whatever their religion and of course their language. Since I started traveling across this “Afrique en miniature”, I keep saying that we will spare no effort to ensure that the isolated or peripheral regions which suffer from an insufficient development find loyal support.

That is why Secretary of State Jean-Baptiste Lemoyne, during his recent visit to Cameroon, insisted on going to Douala and to Buea after meeting the country’s highest authorities in Yaoundé.

But let there be no mistake. Whereas our commitment to the rule of law and to the respect of human rights is as strong as it can be, France cannot interfere in the internal affairs of an independent and sovereign country.

However, non-interference doesn’t mean indifference. As I have said numerous times, we cannot accept the violence perpetrated by illegal armed groups, which has already taken a heavy toll on the population. I would like to offer my sincere condolences to all the victims of attacks and their families. The security and defense forces, for their part, should commit to humanity and have constantly in mind the well-being of the population.

And above all, I keep saying that a lasting solution to the so-called “Anglophone crisis” can only be reached through a pacified, open and visible dialogue between the Cameroonians. Peace can only be brought back with the support of the elites and the traditional chiefs, the personalities representing all religions, the political parties and civil society organizations, in short, all the willing men and women of this country.

Mesdames et Messieurs, Chers Amis,

En cette période où les nuages s’amoncellent sur le monde, entre tentation du repli, violation des normes et critiques des institutions internationales, je tiens à vous informer de l’initiative du Président Macron d’organiser à Paris un forum sur la Paix qui se tiendra les 11, 12 et 13 novembre prochains. Toutes les bonnes volontés seront invitées à y contribuer.

Je terminerai, si vous le voulez bien, sur une note positive. L’an passé, je vous disais porter un regard plein d’espoir sur ce pays où ni les talents, ni les bonnes volontés ne manquent. Ma conviction reste la même. Je crois en la sagesse du peuple camerounais épris de son identité dans sa diversité et en sa capacité de créer les conditions d’un dialogue apaisé qui permettra à l’élection d’octobre de se tenir dans un climat de concorde nationale.

Maintenant, il me reste à vous remercier de votre présence, ainsi que tous ceux qui ont œuvré au succès de cette soirée. Je pense aux entreprises françaises et camerounaises dont vous pouvez lire les noms sur les banderoles, au photographe qui expose ses œuvres ce soir, aux musiciens, chanteurs et danseurs, aux serveurs, cuisiniers et techniciens, à tout le personnel de l’Ambassade, de la Résidence et de l’Institut grâce auquel la fête va se poursuivre jusqu’à 23 heures !

Je vous souhaite une excellente soirée et je me réjouis de vous retrouver à la rentrée !

Vive l’amitié franco-camerounaise ! Vive le Cameroun ! Vive la France !

Dernière modification : 19/09/2018

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