Discours de S.E. M. Edouard Courtial, devant la communauté française de Yaoundé

DISCOURS DE S.E. M. EDOUARD COURTIAL,
SECRETAIRE D’ETAT AUPRES DU MINISTRE D’ETAT, MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET EUROPEENNES, CHARGE DES FRANÇAIS DE L’ETRANGER,
DEVANT LA COMMUNAUTE FRANÇAISE DE YAOUNDE
(YAOUNDE, RESIDENCE DE FRANCE, 2 FEVRIER 2012)

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Madame et Messieurs les Conseillers à l’Assemblée des Français de l’étranger
Monsieur l’Ambassadeur,
Mesdames, Messieurs,
Mes chers compatriotes,

 

Je voudrais d’abord vous dire que je suis heureux de me trouver avec vous ce soir, à Yaoundé, au début d’une courte tournée africain qui me conduira ensuite au Gabon puis au Congo.

 

Ce pays tient une importance particulière dans notre histoire.

 

C’est ici qu’a commencé l’épopée du Maréchal Leclerc, et de la 2ème Division blindée qui, après la prise de Kouffra, entrera dans la légende couronnée en libérant Strasbourg.

 

C’est le Cameroun qui a donné sa première assise territoriale à la France libre, contribuant ainsi à notre indépendance.

 

Combien j’aimerais, et je suis sûr que vous serez d’accord avec moi, que dans ces temps mouvementés tous nos compatriotes soient animés du même esprit que ces Français libres qui malgré l’adversité et démunis de tout croyaient en la France victorieuse.

 

En venant vers vous aujourd’hui, mon objectif est simple : vous écouter, vous rencontrer, parler avec vous, prendre la mesure de vos préoccupations, passer du temps avec vous.

 

Mes chers compatriotes, vous formez au Cameroun une communauté nombreuse, diversifiée et vivante.

 

Nombre d’entre vous sont ancrés depuis longtemps dans la culture et les spécificités camerounaises, car beaucoup sont nés dans ce pays.

 

D’autres ont une présence plus récente dans le cadre de notre coopération avec le Cameroun qui tient une place essentielle dans l’équilibre régional, à la charnière avec l’Afrique occidentale, aux confins du Sahel, avec une économie qui est sans doute l’une des plus diversifiées d’Afrique centrale.

 

Des relations solides ont été tissées entre nos deux pays par plusieurs générations d’hommes et de femmes.

 

C’est grâce à eux qu’existe cette relation privilégiée, c’est grâce à vous qu’elle s’inscrit dans notre histoire.

 

Car vous en êtes au quotidien les artisans.

 

Qu’on en juge : dans ce pays doté de ressources abondantes notre présence économique s’appuie sur un tissu de plus de 200 entreprises françaises ou filiales d’entreprises françaises.

 

Je suis frappé par l‘ampleur de notre coopération, notamment avec le Contrat de Désendettement et Développement (C2D) qui fait de la France le premier partenaire au Cameroun pour l’accompagner dans sa marche vers le statut de pays émergent.

 

La France contribue au renouveau de l’agriculture camerounaise pour lui permettre d’atteindre l’autosuffisance et d’accroître ses exportations.

 

La France participe à la modernisation des infrastructures camerounaises, notamment grâce au soutien financier de l’Agence française de développement.

 

Je pense à l’assainissement de Douala, au barrage hydro-électrique de Lom Pangar, au deuxième pont sur le Wouri ou l’amélioration du traitement des eaux à Yaoundé.

 

La santé et l’éducation tiennent également une place de premier plan dans notre coopération.

 

Je sais que vous partagez avec toutes ls communautés françaises expatriées des préoccupations bien naturelles : l’école, la sécurité et la santé.

 

En matière de scolarité, j’ai visité ce matin le lycée Fustel de Coulanges.

 

J’ai pu constater la qualité du travail accompli. Ici comme ailleurs, n’aillons pas peur d’afficher notre ambition. Et cette ambition se résume d’un seul mot : l’excellence.

 

Comme l’a redit le Président de la République en présentant depuis Madrid, le 16 janvier dernier, ses voeux au Français de l’étranger : avec notre réseau d’établissements scolaires, « la France dispose d’un instrument de rayonnement exceptionnel ».

 

C’est pour cela que nous avons choisi de maintenir pour la période 2011-2013 une dotation budgétaire de 420 millions d’euros pour l’Agence de l’enseignement français à l’étranger.

 

La scolarisation des jeunes est une priorité : en cinq ans, la France a ainsi doublé les crédits consacrés à l’aide à la scolarisation de ses enfants hors de ses frontières portant le mondant des crédits de prise en charge voulu par le Président de la République et celui des bourses scolaires à plus de 120 millions d’euros.

 

Le nombre des boursiers est passé en 5 ans de 22 000 à 32 000.

 

Mes chers compatriotes, aucun pays au monde n’accomplit un effort comparable ! Aucun Gouvernement n’avait consenti un effort aussi important.

 

La récente revalorisation de l’ISVL pour les professeurs résidents au Cameroun a permis une meilleure prise en compte des différents paramètres du coût de la vie.

 

Je suis persuadé qu’elle aura un impact positif sur l’attractivité du recrutement dans nos lycées où les effectifs restent par ailleurs constants.

 

Cela étant, je n’oublie pas les conditions difficiles dans lesquelles fonctionnent les écoles homologuées de Garoua et de Maroua, ni la déception qu’a pu causer la fermeture de celle de Ngaoundéré.

 

C’est pourquoi j’invite tous nos établissements scolaires à développer entre eux, quels que soient leur statut, des échanges et des partages d’expérience dans l’esprit de solidarité du réseau.

 

Que tous nos compatriotes du Septentrion sachent en outre qu’en dépit de l’éloignement, nous sommes déterminés à maintenir à Garoua un cadre permettant de faciliter le dialogue et les échanges avec notre administration.

 

La sécurité des Français, qu’ils soient résidents ou de passage, est un devoir de l’Etat.

 

C’est une des conditions essentielles du succès de vos activités. C’est aussi la condition essentielle d’une vie personnelle harmonieuse.

 

Je suis conscient de l’émotion qu’ont pu susciter parmi vous à Yaoundé comme à Douala, des agressions ou actes délictueux accompagnés de violence qui au Cameroun comme ailleurs accompagnent l’évolution de nos sociétés.

 

Sans doute serait-il excessif de parler d’une augmentation significative de la délinquance dont nos compatriotes seraient ici les victimes.

 

Cela étant, restons vigilants.

 

Je tiens à vous assurer que les services de l’Etat suivent avec une attention particulière ces évolutions, en étroite liaison avec les autorités camerounaises.

 

A cet égard, je me félicite que la France ait été désignée par l’Union européenne comme « état pilote » au Cameroun. C’est un gage de la confiance que nos partenaires européens placent dans notre capacité à faire face à d’éventuelles situations de crises. Cette capacité n’est plus à prouver.

 

Je sais que tout ce qui touche à la santé est une préoccupation de tous les instants, ici à Yaoundé en particulier, dans la mesure où le système hospitalier camerounais ne permet pas toujours de gérer avec l’efficacité voulue les situations d’urgence.

 

C’est la raison pour laquelle le Centre médico-social de Yaoundé revêt une réelle importance.

 

Je sais votre attachement à cette structure. Elle constitue pour vous un élément capital, j’en suis parfaitement conscient.

 

Je voudrais remercier tous ceux qui contribuent à sa bonne marche, dont de nombreux bénévoles.

 

Soyez assuré que l’Etat veillera à faciliter le fonctionnement de ce centre.

 

Je ne quitterai pas le domaine social sans saluer l’action que mènent ici à Yaoundé les associations qui jouent un rôle essentiel et portent assistance aux Français les plus démunis.

 

Ce travail exemplaire ne fait que renforcer les liens de solidarité au sein de la communauté française.

 

Comme d’autres pays, la France connaîtra cette année d’importantes échéances électorales.

 

L’élection du Président de la République d’abord.

 

C’est bien entendu le temps fort de notre agenda républicain et de notre vie publique.

 

Vous pourrez également, pour la première fois, élire directement 11 députés en vertu d’un nouveau droit voulu par le Président de la République et résultant de la réforme constitutionnelle de 2008, cinquante ans après la Constitution de 1958 dans laquelle le Général de Gaulle avait inscrit le principe de la représentation des Français de l’étranger au Sénat.

 

Ces nouveaux députés complèteront ainsi cette représentation au Parlement.

 

L’un des enjeux de ces élections réside dans la participation des électeurs. Ici au Cameroun, trois bureaux de vote seront ouverts à Douala, Yaoundé et Garoua.

 

Pour la première fois, il sera également possible de voter par Internet pour les élections législatives, parallèlement au vote traditionnel aux urnes.

 

Il s’agit de faciliter au maximum l’exercice de son droit de vote par chaque électeur pour lui permettre de remplir son devoir civique.

 

Un test grandeur nature est en cours afin de valider ces procédures de vote électronique et s’assurer de leur fiabilité.

 

Je remercie tous ceux d’entre vous qui ont bien voulu se prêter à cet exercice inédit.

 

Mes Chers Compatriotes, j’insiste.

 

Il est très important que la participation électorale soit élevée car en votant en masse, vous ne manifesterez pas seulement votre civisme, vous exprimerez votre ferme volonté de faire partie intégrante de la Nation et de prendre pleinement votre place dans la vie démocratique de notre pays.

 

N’allez pas croire que la création de ces sièges de députés, comme du reste la création du Secrétaire d’Etat chargé des Français de l’étranger, fasse l’unanimité.

 

En 2008, nombre de deux qui aujourd’hui la considèrent comme allant de soi ont voté contre.

 

Ce droit nouveau a été emporté de haute lutte.

 

Vous devez montrer que cette décision dans son principe était bonne.

 

Vous devez donc montrer que cette avancée démocratique voulue par le Président de la République est adoptée par les Français de l’étranger.

 

Mes chers compatriotes, la République a besoin de vous, la France a besoin de vous, à cet appel répondez présents.

 

Vive la République et vive la France !

Dernière modification : 10/03/2014

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