Cérémonie des Voeux 2017, discours du Ministre conseiller

Discours de M. Le Ministre conseiller à l’occasion de la présentation des vœux à l’ambassadeur de France au Cameroun, S.E M. Gilles Thibault

 

Yaoundé, le 18 janvier 2017

 

Monsieur l’Ambassadeur,
Madame,
Chers collègues et amis,

 

C’est avec un immense plaisir que je prends la parole ce soir pour être votre interprète, chers collègues, et présenter, conformément à nos traditions, les vœux que nous formulons à l’endroit de notre ambassadeur et de sa famille. Traditionnellement, il appartient au numéro deux de dresser une sorte de bilan de l’année écoulée, au numéro un de tracer les perspectives de l’action à venir.

Monsieur l’Ambassadeur, 2016 a d’abord été une année de changement pour cette ambassade, changement au plus haut niveau puisque vous avez pris vos fonctions le 17 septembre. Mais changement aussi dans bien d’autre services : je pense notamment au SCG, au service de Sécurité intérieure, au service des visas et au service de presse. C’est dans l’ordre des choses…

Très rapidement, vous avez imprimé un nouveau rythme, une nouvelle dynamique. Mais avec délicatesse, doigté, sérénité. Vous n’êtes pas homme à changer pour le plaisir de changer. Mais vous êtes un homme d’action en même temps qu’un homme d’ordre, et vous aimez aller au fond des choses. Pour vous d’ailleurs, il n’y a pas de « petites » et de « grandes » choses. Il y a tout ce qui concourt à faciliter le bon fonctionnement du service public à l’étranger, à rendre l’action extérieure de la France efficace et politiquement lisible.

Arrivé à peine sept jours après vous, je me souviens de votre souci d’offrir à nos gardes camerounais des conditions de travail plus conformes à leurs astreintes. L’homme qui a traversé un crash aérien et un coup d’Etat au Burkina savait se pencher sur les contingences, sur les difficultés petites et grandes… Autre exemple : les chantiers qui ont permis la remise à niveau de nos locaux et donc l’amélioration des conditions d’accueil. Il ne s’agit que d’un début, mais il fallait le décider. Cela paraît simple mais il fallait y penser… Tout aussi, voire plus important, que l’accueil : les conditions du dialogue social. C’est d’ailleurs la seule fois en 100 jours, puisque nous travaillons ensemble depuis à peine plus de 100 jours, que je vous ai vu hausser le ton et marquer votre indignation pour ce qui était devenu une absence totale de « vrai » dialogue et conséquemment le développement d’un climat délétère de sous-entendus et de suspicions. Aujourd’hui le climat est apaisé. Tous, Français et Camerounais, quels que soient leurs services d’appartenance et leurs niveaux hiérarchiques, savent qu’ils peuvent vous parler. Votre bureau n’est pas une citadelle. Ses portes sont ouvertes.

Monsieur l’Ambassadeur, cet esprit d’ouverture, vous vous l’êtes appliqué dans votre travail au quotidien. En moins de 100 jours, vous avez visité 9 des 10 régions du Cameroun. Et s’il en manque une, c’est bien parce que la situation qui y prévaut ne se prêtait pas à un déplacement sûr et serein. Dans ces 9 régions, vous ne vous êtes pas contenté de rencontrer les « officiels », gouverneurs, préfets, maires… Vous êtes allé au-devant des citoyens camerounais, pour vérifier l’adéquation entre les actions menées par la France et les besoins qu’ils expriment. Dans l’Extrême-Nord et l’Est, vous avez même visité des camps de réfugiés pour dialoguer avec ces derniers et les populations qui les accueillent.

Autre « marque de fabrique » : vous êtes sur tous les fronts. Mais en laissant vos services la marge d’initiative qui, seule, rend l’innovation et la performance possibles. Et ces services vous l’ont bien rendu. Il n’est pas de secteur de cet imposant dispositif français qui n’ait pas rempli ses objectifs et fait son devoir.

Je pense au secteur de la sécurité, très sollicité tout au long de l’année. Qu’il s’agisse de nos services spécialisés, des services de défense ou des services de sécurité intérieure, ils ont su renforcer des coopérations qui présentent un intérêt stratégique pour l’Etat camerounais. Les moyens n’ont pas manqué : 3,5 M€, et 12 coopérants. Les résultats ont été à l’aune de cet investissement avec des coopérations opérationnelles exemplaires dans les domaines de la défense, de la sécurité intérieure et de la sécurité civile.

Dans le domaine économique et en dépit d’une conjoncture en voie de « complexification », le service économique régional a poursuivi son appui aux entreprises françaises qui sont nombreuses (près de 200) et qui couvrent des secteurs économiques utiles au développement durable de ce pays tels que les télécommunications, la finance, les assurances, les infrastructures énergétiques, les transports ou encore la grande distribution. Il est impossible d’en dresser une liste exhaustive ici. Mais le plus grand succès, sans doute, de ce service, c’est sa contribution au succès de la mission de notre ministre de l’Économie et des Finances, Michel Sapin, lors de la conférence des Chefs d’État d’Afrique centrale, le 23 décembre 2016.

Pour rester sur le thème du développement, l’AFD a poursuivi sa trajectoire ascendante qui fait de son action (action qui « pèse » en moyenne 200 M€ par an au cours des 10 dernières années), un acteur incontournable du développement économique et social du Cameroun. Aujourd’hui, les opérations conduites par l’AFD ont atteint un degré de maturité sans précédent. Elles contribuent à la stabilisation du pays et à l’amélioration des conditions de vie. La jeunesse, qui constitue à la fois la majorité de la population et l’avenir du Cameroun, est l’un de ses cœurs de cible. La création d’emplois à son profit est d’ailleurs l’une de ses priorités, à l’instar des actions exemplaires développées tout au long de l’année par l’OFII, l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration.

À la frontière du développement et de la culture, ce que j’appellerai notre « nébuleuse culturelle » a également « assuré », comme on dit familièrement. Qu’il s’agisse du SCAC, de nos instituts et alliances, de nos établissements d’enseignement ou de nos institutions de recherche (je pense au CIRAD et à l’IRD) tous ont contribué de façon performante au rayonnement de la France.

Je ne voudrais pas terminer sans évoquer ceux dont on parle moins souvent mais qui sont la première image de la France à l’étranger. Je veux parler de nos collègues travaillant au service des visas et au service de l’administration consulaire. Eux aussi ont « assuré » et vous leur avez d’ailleurs accordé votre considération. Déjà le service des visas a-t-il été reconfiguré. Il reste là encore bien d’autres choses à entreprendre mais vous le ferez et nous le ferons avec vous. Je voudrais aussi évoquer ceux dont on ne parle quasiment jamais mais sans lesquels nous ne pourrions pas travailler : je fais bien sûr référence à ceux qui sont chargés de nos communications, de notre informatique et de l’entretien et de la sécurité de nos emprises. Eux aussi ont « assuré ».

Monsieur l’ambassadeur, s’il y a bien un marqueur de la bonne ambiance et du bon fonctionnement d’une ambassade, c’est au moment des crises. Et si, fort heureusement, nous n’avons pas connu de crise majeure au Cameroun, nous avons dû cependant réagir à la catastrophe d’Eseka. Et cette réaction a été conforme à ce que l’on peut attendre d’une grande ambassade performante. Elle a d’ailleurs été à l’origine d’une réaction en chaîne, beaucoup d’associations françaises s’étant mobilisées en complément à l’action de l’ambassade, de notre consulat général à Douala et de notre Centre médico-social, dont je tiens à souligner la disponibilité et l’efficacité.
Pourquoi un résultat aussi positif ? Tout simplement par le climat de confiance qui règne dans toute la chaîne de commandement et entre tous les services de cette ambassade.

Monsieur l’Ambassadeur, Chers amis, pardonnez-moi si j’ai oublié de mentionner un service ou un secteur d’activité. Mais l’on ne peut résumer en 5 minutes l’activité d’un aussi « grand vaisseau ». Ce que je peux affirmer avec satisfaction, c’est que ce grand vaisseau a franchi avec succès la bouée 2016-2017, grâce à un Commandant qui a su tracer un cap et le maintenir sans faire grincer la mâture, sans faire tanguer le navire.

Je vais arrêter de filer la métaphore pour vous présenter Monsieur l’Ambassadeur, les meilleurs vœux que tout le personnel de cette ambassade souhaite vous adresser. Mais je voudrais y associer Madame Thibault.

Madame, tout le monde sait et dit que derrière un grand homme il y a toujours une grande dame. Et nous sommes bien dans ce cas à Yaoundé. Vous donnez à cette maison de France une atmosphère de sérénité et de convivialité qui en fait tout son attrait. Vous le faites avec détermination mais avec le sourire, avec distinction mais dans la simplicité. Au-delà d’être l’hôtesse et la Première dame, vous êtes aussi au service d’une relation franco-camerounaise que nous souhaitons tous tirer vers le haut. En témoignent les nombreux voyages que vous avec effectué avec l’ambassadeur dans les différentes régions du Cameroun.

Mes chers collègues, souhaitons donc bonheur et succès à notre Ambassadeur et à tous ceux qui lui sont chers à commencer par Madame Thibault. J’ajoute que leur succès sera aussi le vôtre, le nôtre.

Que vive l’ambassade de France au Cameroun et son ambassadeur !

Que vive la relation franco-camerounaise !

 

 

Vous pouvez regarder l’album photo de la cérémonie

Dernière modification : 30/01/2017

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