Vers la reconstitution de l’histoire des bassins versants tropicaux

Bien que l’importance des zones humides de l’Afrique centrale dans le bilan de carbone soit unanimement reconnue, les émissions de gaz à effet de serre (CO2, CH4) ainsi que le transport des oligo-éléments, des nutriments et du carbone vers les zones côtières de l’océan Atlantique sont encore très mal compris et quantifiés. L’analyse des formes moléculaires solubles des éléments chimiques, notamment du carbone et des métaux, est un paramètre clef pour comprendre leur biodisponibilité, leur toxicité et leur contrôle sur le développement des organismes aquatiques comme les mollusques (bivalves). Etant donné que ces organismes vivent et évoluent dans des zones restreintes des cours d’eau, ils constituent de véritables témoins de l’histoire du développement des rivières.

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Mollusques aquatiques de rivières du Cameroun
© Oleg Pokrovski et Cyril Zouiten

Oleg Pokrovski et Cyril Zouiten aidé par Jean-Jacques Braun (UMR GET, Toulouse) ont effectué une mission scientifique exploratoire CNRS/IRD au Cameroun en février 2019. Cette mission a pour but de quantifier la proportion des formes colloïdales - dites « invisibles » - du carbone et des métaux en trace et d’évaluer leur biodisponibilité potentielle vis-à-vis des organismes aquatiques.

Les techniques modernes mises en œuvre comme ultrafiltration et dialyse permettent de fractionner les molécules selon leur taille à l’échelle nanométrique. En combinant ces études chimiques des eaux des rivières avec les analyses génétiques de mollusques bivalves (moules, huitres) habitant ces eaux, l’objectif visé est de remonter à la reconstitution de l’âge et de l’évolution des bassins versants des fleuves côtiers du Sud Cameroun (Nyong, Ntem, Sanaga) ainsi que des affluents rive droite du fleuve Congo.

De plus, la biodiversité des mollusques et la composition chimique de leurs coquilles peuvent être caractérisés par l’analyse chimique des eaux rivières et les paramètres physio-géographiques de leur bassin versant. Le but ultime de ces études interdisciplinaires couplant biogéochimie et écologie sera de prédire l’évolution de la biodiversité et de la composition chimiques des fleuves et rivières camerounais en contexte de changement climatiques, soit sur le plateau du Sud Cameroun, soit en zone côtière. Ce projet commun entre CNRS et IRD fera l’objet d’une soumission pour l’appel d’offre européen Horizon H2020, ERC Advanced Grants.

Dernière modification : 13/02/2019

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