Déclarations de Laurent Fabius lors de son déplacement au Cameroun (21 février 2015)

J’achève le premier jour de ma visite au Cameroun. J’ai décidé de consacrer deux journées au Tchad, au Cameroun et au Niger où je me trouverai demain. Pourquoi ? Parce que ces pays sont des pays amis et qu’ils sont sous la menace extrêmement grave de Boko Haram. J’ai coutume de dire que Boko Haram, ce sont des faux religieux et des vrais criminels. C’est une secte extrêmement dangereuse qu’il faut combattre.

La France est l’amie du Cameroun et donc il est tout à fait légitime que nous soyons là – aujourd’hui c’est le ministre des Affaires étrangères – pour dire notre soutien au Cameroun dans sa lutte, pour dire notre solidarité et pour dire ce que j’ai dit tout à l’heure au président Biya – le président du Cameroun – que nous voulons saluer le courage des Camerounais. Vous avez subi des pertes, aussi bien sur le plan militaire que sur le plan de la population civile et j’ai présenté au nom du président français mes condoléances au président du Cameroun. Notre solidarité sur tous les plans car le choix que vous avez fait de combattre Boko Haram, c’est un choix légitime. Notre solidarité sur le plan international, puisque nous apportons des renseignements, nous apportons des éléments de formation, pour les troupes qui sont engagées. Notre solidarité sur le plan diplomatique, il a été décidé par les Africains de constituer une force de 8700 hommes, celle-ci a été approuvée par l’Union africaine et maintenant il faut que les Nations unies à leur tour approuvent cette force.

Nous, la France, qui sommes membre permanent du Conseil de sécurité, nous allons travailler avec nos amis tchadiens, nos amis camerounais, nos amis nigériens, nos amis nigérians, pour faire approuver cette force. Ce qui aura pour effet de lui donner une grande légitimé internationale et aussi, nous l’espérons, d’alléger le fardeau financier. Parce qu’un autre aspect qui est très important, et dont j’ai discuté bien sûr avec le président du Cameroun, c’est le coût que tout cela représente. Nous sommes dans une situation économique qui déjà est difficile, mais en plus il y a les charges que cela représente pour les pays concernés. C’est la raison pour laquelle, outre l’aide que la France apporte, nous allons augmenter notre aide sur le plan humanitaire, nous voulons qu’il y ait une conférence des donateurs qui permette d’alléger la charge pour les pays concernés, et singulièrement pour le Cameroun.

Puisque je parle économie, je voudrais confirmer, cela n’est pas toujours connu de la population camerounaise alors qu’il faut que nous puissions le dire, qu’il a été décidé de convertir un certain nombre de dettes qu’avait le Cameroun en investissements, parce qu’il est beaucoup plus intéressant bien sûr que tout cela puisse être consacré à l’investissement. Et nous avons fait la liste d’un certain nombre de projets concrets qui pourront donner de l’emploi aux Camerounais, que ce soit d’ailleurs au nord, ou que ce soit au centre ou au sud de votre beau pays. Voilà, le message principal que je souhaite que vous reteniez de cette visite, c’est la solidarité et le soutien de la France à l’égard d’un Cameroun qui se montre particulièrement courageux.

Dernière modification : 23/02/2015

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