Douala - 60 solutions - Inventer de nouveaux modèles de développement


#60SOLUTIONS
INVENTER DE NOUVEAUX MODELES DE DEVELOPPEMENT

 

M. le Gouverneur,
M. le Préfet,
M. le Délégué du Gouvernement,
Honorable Hamadou Sali, PCA de CAMRAIL,
M. le Directeur Général de CAMRAIL,
Mesdames et Messieurs,

Avant tout, je remercie la Société CAMRAIL d’accueillir dans cette belle gare de Douala l’exposition « 60 Solutions face au changement climatique ».

Cette exposition est l’un des moyens retenus par « l’équipe France » au Cameroun pour informer les citoyens camerounais des enjeux du Changement climatique. L’accrocher dans ce lieu où passent plus de 1000 personnes par jour permet de sensibiliser un large public aux problèmes du changement climatique et de montrer que des solutions peuvent leur être apportées.

Cette exposition, composée de superbes photos de Yann Arthus-Bertrand, illustre des réponses concrètes à la question du dérèglement climatique. Elle montre, dans les domaines de la ville, de l’agriculture, de la transition énergétique et de l’adaptation au changement climatique, des solutions pour favoriser la croissance économique en minimisant les émissions de gaz à effet de serre. En les faisant connaitre du grand public, nous espérons contribuer à renforcer la mobilisation citoyenne en faveur de la lutte contre le dérèglement climatique. Et à faire partager notre conviction : face à ce défi planétaire, nous ne sommes pas sans solutions.

La lutte contre le dérèglement climatique est l’un des défis majeurs du 21ème siècle. Pour le relever, la communauté internationale est engagée dans des négociations qui, nous l’espérons tous, aboutiront à un accord international contraignant, à la conférence de Paris sur le climat, la COP21, qui s’ouvre dans onze jours.

Le Cameroun ne contribue que pour 0.4% aux émissions mondiales de gaz à effet de serre et ses forêts, qui captent le carbone, atténuent les effets des changements climatiques. Le Cameroun est cependant vulnérable, en particulier ses régions côtières et sahéliennes, aux conséquences du réchauffement :

-  Depuis 1960, la température annuelle moyenne dans ce pays a augmenté de 0,7°C et elle a augmenté plus fortement dans le Septentrion ; si l’on ne maitrise pas le réchauffement, la température annuelle moyenne augmentera de 1 à 2,9°C d’ici 2060, et de 1,5 à 4,7°C d’ici 2090. Les précipitations annuelles moyennes ont diminué de 2,2% par décennie depuis 1960 ;
-  Les zones côtières sont menacées par l’élévation du niveau de la mer ;
-  Les secteurs agricole et forestier sont responsables de plus de 90% des émissions de gaz à effet de serre du pays, émissions dues notamment aux défrichements et à la dégradation des forêts au profit de productions agricoles non durables.

Au 1er novembre, 147 Etats sur 195 avaient remis aux Nations Unies leurs contributions nationales pour la COP21. Ces contributions sont des documents décrivant les efforts que chaque Etat accepte volontairement de faire pour participer à la lutte mondiale contre le dérèglement climatique.

Avec l’appui d’experts financés par la France, le Cameroun a élaboré la sienne. Sous réserve des ressources financières extérieures dont il pourra bénéficier, il prévoit de poursuivre sa croissance en diminuant ses émissions de gaz à effet de serre. Il s’engage à les réduire de 32% par rapport au scénario tendanciel à l’horizon 2035. Le scénario proposé repose sur le développement de l’agriculture écologique et sur la gestion durable des forêts.

Le Cameroun, dont la population atteindra 50 millions en 2050 et plus de 80 millions en 2100, se prépare à faire évoluer le développement de ses secteurs agricole et forestier pour obtenir une production plus importante en volume et de meilleure qualité, en préservant sa forêt. Le Cameroun devra en outre investir pour l’adaptation de ses zones vulnérables au changement climatique.

Les experts des Nations Unies qui ont analysé les contributions nationales ont constaté que l’ensemble des efforts volontairement acceptés par les Etats ne suffit pas pour atteindre l’objectif d’un réchauffement inférieur à 2°. Des efforts supplémentaires sont indispensables. Il est donc de plus en plus nécessaire d’inventer de nouveaux modèles de développement, qui réponde aux aspirations économiques et sociales d’une population mondiale de plus en plus nombreuse, tout en produisant moins de gaz à effet de serre et en préservant mieux la nature.

Inventer de nouveaux modèles de développement, cela veut dire innover. Les innovations se multiplient, au Nord comme au Sud, y compris bien sûr au Cameroun. Mardi dernier, une Conférence organisée par l’Institut Français et l’AFD, a été l’occasion de présenter des moyens concrets de lutte contre le changement climatique mis en œuvre au Cameroun, en particulier par des entreprises françaises.

La France, à travers l’AFD, finance au Cameroun de nombreux projets, qui contribuent à la lutte globale contre le dérèglement climatique et à l’adaptation des zones vulnérables aux effets de ce dérèglement : infrastructures de drainage, à Douala et à Yaoundé, mesures de résistance à la désertification dans le Septentrion, appui à la gestion durable des forêts, développement par les communes d’expériences pilotes pour réduire la déforestation, accompagnement du projet de barrage de Lom Pangar.

Avec la Communauté Urbaine de Douala, la France a préparé un projet pilote pour l’adaptation d’un quartier aux risques d’inondation. Ce projet sera présenté à Paris en marge de la COP21. M. le Délégué du Gouvernement, vous y serez et Douala sera le porte-drapeau des villes durables en Afrique à la COP21.

La France soutient également les efforts du Cameroun pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre à travers sa coopération scientifique, conduite par l’IRD et le CIRAD.

Je renouvelle mes remerciements à la Direction Générale de CAMRAIL pour avoir accepté la présentation de cette très belle exposition dans cette gare. Je remercie aussi les équipes de CAMRAIL et de l’Institut Français qui l’ont mise en scène et je souhaite qu’elle accroche les regards des voyageurs de CAMRAIL.

Bonne visite !

Dernière modification : 23/11/2015

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