CMS-info n°3 : La gale

Une parasitose très contagieuse et fréquente, en particulier dans les milieux défavorisés.

La gale est une ectoparasitose fréquente liée à un acarien nommé Sarcoptes scabiei hominis.

Son diagnostic est parfois difficile en raison d’aspects trompeurs. Il faut y penser devant tout prurit persistant.

En cas de contamination, l’incubation est d’environ trois semaines. La contamination est essentiellement interhumaine, par contacts directs et prolongés, et la gale est aussi considérée comme une infection sexuellement transmissible. La contamination
par les vêtements ou la literie, bien réelle, est moins fréquente. Elle survient parfois de façon épidémique dans les collectivités (foyers, hébergements pour personnes socialement défavorisées...).

Le prurit domine le tableau. Il est intense, permanent, à prédominance vespérale et nocturne, et à caractère familial (ces caractéristiques doivent être recherchées à l’interrogatoire). Il épargne généralement le visage. Le siège des lésions est évocateur
 : poignets, interdigital, face interne des avant-bras et des cuisses, fesses, mamelons, organes génitaux, plis axillaires. On retrouve les sillons, parfois difficiles à voir, fréquents en interdigital et à la face interne des poignets, à l’extrémité desquels on peut voir au dermoscope l’acarien (qui creuse une galerie dans la couche cornée).On peut observer aussi des vésicules sur une base érythémateuse, des nodules scabieux (régions génitales, plis axillaires), et des nodules post-scabieux, qui sont en fait des réactions inflammatoires et surviennent à distance de la parasitose.

Les formes cliniques sont parfois trompeuses
– gale du nourrisson : particulière par la présence de pustules palmo-plantaires et de nodules scabieux axillaires, et l’atteinte possible du visage ;
– gale croûteuse (ou hyperkératosique, anciennement norvégienne) : souvent sujet âgé ou immunodéprimé. L’atteinte de l’ensemble du corps est la règle, le prurit peut être discret ;
– gale des gens propres : fréquente, il faut savoir y penser même
si les lésions manquent.

Le diagnostic de certitude est difficile et rarement fait. Il repose sur la mise en évidence du parasite après prélèvement d’un sillon scabieux. La dermoscopie apporte une aide en visualisant le sarcopte.

En pratique, un traitement est réalisé sans prélèvement.

Le traitement local :
– les produits : le benzoate de benzyle (Ascabiol), traitement local
de référence, actuellement en rupture de stock.
L’esdépalléthrine-butoxyde de pipéronyle (Spregal), qui est contre-indiqué chez le nourrisson et l’asthmatique, est actuellement le seul disponible ;
– les modalités :
J1 : douche, puis application du produit sur tout le corps sauf le visage ;
J2 : : nouvelle application sans douche préalable ;
J3 : douche ;

enfant de moins de 2 ans et femme enceinte : une seule application de douze heures ;
un émollient doit être associé dans tous les cas dans les jours qui suivent.

Le traitement général
repose sur l’ivermective (Stromectol), en une prise unique à renouveler quinze
jours plus tard (sécurité non établie chez l’enfant de moins de
2 ans et < 15kg).

Le patient doit être traité ainsi que tous les sujets contacts, par traitement local en première intention. Le traitement oral est à donner en première intention aux gales profuses, ou en cas de rechutes, qui sont assez fréquentes.

Il faut dans tous les cas traiter de façon énergique la literie, les vêtements (laver ce qui peut l’être à 60°C et enfermer le reste dans un sac quarante-huit heures avec pulvérisations de poudre anti-parasitaire (poudre A-PAR).

Les sujets contacts (dont la famille le cas échéant) ainsi que le personnel soignant seront traités. Les autorités sanitaires doivent être prévenues.

Chez l’enfant, une éviction scolaire de trois jours est recommandée.

Le prurit est parfois persistant après plusieurs semaines de traitement.
Il faut alors évoquer une recontamination, un eczéma de contact au traitement ou parfois une simple irritation liée à celui-ci, une acarophobie.

 

 

Référence
Annales de dermatologie et de vénéréologie,
Collège des enseignants (Cedef) 2012 ;139,A9-A14

Dernière modification : 29/03/2017

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