Cérémonie de lancement de la Jeune équipe en océanographie


Allocution de Madame l’Ambassadrice de France
Cérémonie de lancement de la Jeune équipe en océanographie
Mardi 5 mai 2015, Université de Douala

 

Monsieur le Recteur de l’Université de Douala,
Mesdames et Messieurs les membres de la Direction de l’Université de Douala,
Mesdames et Messieurs les Enseignants,
Monsieur le Représentant au Cameroun de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD),
Mesdames et Messieurs,

Je voudrais d’abord, Monsieur le Recteur, vous transmettre mes remerciements les plus chaleureux pour m’avoir invitée dans votre Université à l’occasion de l’événement que nous célébrons aujourd’hui : le lancement d’une jeune équipe en océanographie, soutenue par l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Nous pouvons tous constater les dégâts provoqués par l’érosion côtière. La menace va-t-elle s’amplifier ? Ces attaques des flots contre le rivage sont-elles dues à une élévation du niveau de l’océan ? Et si oui, cette hausse du niveau de la mer est-elle liée au changement climatique ? Plus globalement, quels sont les liens entre l’océan et le climat ? Ces questions scientifiques sont d’importance. On attend des chercheurs qu’ils donnent aux décideurs des éléments d’analyse, des outils d’aide à la décision, en vue de mieux penser l’aménagement de toute la frange littorale du Cameroun et ainsi d’améliorer la qualité de vie des populations : plusieurs millions de personnes sont directement concernées, de Bakassi à Campo, en passant bien sûr par la grande ville de Douala.

La France a décidé de s’engager sur ce sujet, à travers la coopération scientifique. L’IRD va soutenir pendant trois années, une jeune équipe de scientifiques de l’Université de Douala, au titre d’un programme intitulé « Jeunes Equipes Associées à l’IRD » (JEAI). Ce programme vise l’émergence ou le renforcement d’équipes de recherche dans les pays du Sud dans le cadre de partenariats scientifiques avec les unités de recherche de l’IRD. Chaque année, l’IRD ouvre un appel à propositions JEAI.

En 2014, 42 jeunes équipes se sont portées candidates à de tels partenariats. Dix ont été sélectionnées par un comité d’experts. Elles appartiennent à 10 pays distincts : Thaïlande, Vietnam, Inde, Liban, Pérou, Tunisie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Burkina Faso et Cameroun. C’est l’équipe de l’Université de Douala, intitulée « réponse du littoral camerounais aux forçages océaniques multi-échelles » (RELIFOME) qui a été retenue. Le financement qui lui est alloué est de 50 000 euros (soit 32 800 000 fcfa), pour une durée de trois ans. Toutes mes félicitations aux porteurs de la JEAI RELIFOME, sortie gagnante de ce rigoureux processus compétitif.

Elle sera bien armée pour atteindre les objectifs fixés :
-  installation et suivi de capteurs qui permettent d’enrichir les bases de données locales et régionales,
-  développement du calcul intensif,
-  maîtrise et exploitation de modèles océaniques pour le côtier et le littoral.

Nul doute que dans trois ans, à l’issue du soutien apporté par l’IRD, cette jeune équipe associée à l’IRD sera parfaitement insérée dans le réseau régional des laboratoires d’océanographie des pays du Golfe de Guinée. Ses chercheurs auront publié leurs résultats dans les plus prestigieuses revues internationales, et ils seront devenus des interlocuteurs privilégiés des acteurs de l’aménagement du littoral.

Si j’accorde une attention particulière à cette coopération scientifique franco-camerounaise sur l’océan, c’est qu’elle s’inscrit dans la perspective de ce grand événement à dimension universelle, qui se tiendra à Paris en décembre cette année : la 21ème Conférence des Parties sur la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (dite COP 21).

La France souhaite que soit signé à Paris un accord international ambitieux et contraignant permettant de limiter l’émission des gaz à effet de serre, afin de maintenir le réchauffement de la planète en deça de 2°.

Pour répondre à cet enjeu majeur de la lutte contre le réchauffement climatique, il est essentiel que les experts et les scientifiques soient mobilisés. C’est pourquoi se tient cette semaine, à l’occasion du lancement de la JEAI RELIFOME, un atelier qui rassemble scientifiques camerounais et français sur la modélisation océanographique, en vue notamment de mieux comprendre les interactions physiques entre l’océan, l’atmosphère et le continent et donc de mieux comprendre la variabilité climatique.

Il importe aussi que le grand public soit informé et qu’il soit associé aux réflexions des experts et des chercheurs. C’est pourquoi je me réjouis des deux événements ouverts à la population de Douala que nous organisons ensemble : d’abord l’exposition « océan et climat » dont le vernissage aura lieu dans quelques instants, puis cet après-midi la conférence à l’institut français sur le thème : « la ville de Douala va-t-elle disparaître sous les eaux ? ». J’espère que ces événements rencontreront un succès populaire, l’adhésion de la population étant un facteur indispensable à la réussite de toute politique de lutte contre le réchauffement climatique.

Je vous remercie de votre écoute.

Dernière modification : 07/05/2015

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