Cérémonie d’ouverture de la Conférence GEOSFT


Conférence GEOSFT
L’observation par satellite en Afrique Centrale et de l’Ouest :
de la forêt au carbone, de la recherche aux stratégies nationales REDD+
Cérémonie d’ouverture, 22 octobre 2014, Hôtel Franco, Yaoundé
Allocution de Madame l’Ambassadrice de France

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Monsieur le Ministre de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement Durable,
Monsieur le Ministre délégué,
Monsieur le Directeur des Forêts,
Mesdames et Messieurs,

Paris va accueillir l’an prochain la 21ème Conférence des Parties (COP 21) au titre de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. La France fera tout pour que cet événement majeur soit l’occasion de parvenir à un nouvel accord sur le climat, ambitieux, universel et contraignant, devant entrer en vigueur en 2020.

La forêt tropicale humide, principale biomasse de la planète, sera au cœur des débats.

Particulièrement vulnérables, les forêts d’Afrique et d’Amazonie sont déterminantes pour l’évolution du climat. La déforestation et la dégradation des forêts sont à l’origine de plus de 10% des émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique sur notre planète. Lutter contre la déforestation est donc l’un des moyens d’atténuer le changement climatique.

Lors d’une précédente Conférence des Parties, la COP 16 qui s’est tenue à Cancun en 2010, un mécanisme a été adopté (appelé REDD+) pour rémunérer les réductions des émissions résultant de la déforestation et de la dégradation des forêts dans les pays en développement. L’un des enjeux de la COP 21 sera d’évaluer la mise en place effective de ce mécanisme financier REDD+, en vue de procéder aux ajustements nécessaires.

La possibilité des pays du Sud de bénéficier du mécanisme REDD+ dépend de leur capacité à établir un système national fiable, robuste et transparent, de surveillance des forêts. Les données satellitaires d’observation de la Terre sont un outil essentiel pour assurer cette surveillance.

Dès lors, le renforcement des capacités des pays du Sud à acquérir des données satellitaires et à les traiter, en vue d’améliorer la connaissance et la gestion des forêts est un enjeu fondamental. La maîtrise de l’utilisation des données satellitaires d’observation de la forêt est un atout pour une gestion durable des ressources et des territoires et pour une participation active aux négociations internationales qui vont avoir lieu dans le cadre de la COP 21.

Consciente de ces enjeux, la France a engagé, en 2011, deux programmes de coopération, financés par l’Agence Française de Développement, pour venir en appui aux pays d’Afrique Centrale et d’Afrique de l’Ouest afin qu’ils assurent la maîtrise opérationnelle de leurs systèmes de suivi de la forêt. L’un de ces deux programmes, intitulé « Observation Spatiale des Forêts Tropicales », piloté par IGN France International, consiste à mettre gratuitement des images satellitaires de haute résolution SPOT à la disposition de tous les acteurs de la gestion durable des forêts du bassin du Congo. Mais la fourniture des données ne suffit pas : il faut aussi appuyer le renforcement de capacités (humaines et matérielles) pour utiliser et interpréter les images. C’est l’objet du second programme, intitulé « Renforcement des capacités et accès aux données satellitaires pour le suivi des forêts en Afrique Centrale et de l’Ouest » (GEOFORAFRI), piloté par l’IRD, qui soutient la mise en œuvre de projets de recherche appliquée dans le domaine du suivi des forêts de la région concernée.

La Conférence qui s’ouvre aujourd’hui, au moment où ces programmes parviennent à leur terme, va permettre aux experts, chercheurs, enseignants, acteurs d’ONG, de bureaux d’études et d’institutions publiques, participant à ces deux programmes, de confronter leurs travaux et leurs résultats scientifiques et techniques.

Au Cameroun, le projet « Observation Spatiale des Forêts Tropicales » met à disposition depuis le dernier trimestre 2012, des images de haute résolution couvrant l’ensemble du pays, réalise la cartographie forestière historique sur quasiment l’ensemble du pays (sauf l’Extrême-Nord) pour suivre l’évolution du couvert forestier entre 1990, 2000 et 2010 et a formé en France en 2014, 4 experts des ministères de la forêt et de l’Environnement à la réalisation de ces cartographies. La poursuite de ce processus de renforcement des capacités et des équipements d’accès à ces technologies de télédétections se fera dans le cadre du projet C2D d’appui au Programme Sectoriel Forêt et Environnement, par la création d’un centre de ressource à NKOLBISSON et d’un centre de compétence en géomatique à l’Ecole Nationale des Eaux et Forêt de Mbalmayo.

Mesdames, Messieurs, vos échanges et les recommandations que vous formulerez contribueront à améliorer les politiques publiques de gestion des forêts grâce à la production d’images exploitables par des acteurs publics comme privés et grâce à la mise en place de systèmes rigoureux de vérification des interprétations. Vos travaux s’intègrent en outre dans la concertation indispensable à la conclusion du grand accord international sur le climat que nous attendons de tous de nos vœux pour la fin de l’année 2015.

Vive la forêt et tous ceux qui en prennent soin !

Je souhaite que vos travaux soient fructueux et vous remercie de votre attention.

Dernière modification : 22/10/2014

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