Bazeilles 2013 - Allocution de l’Attaché de défense

Allocution Attaché de défense Bazeilles 2013
AMT le 24 septembre 2013

 

Monsieur le ministre délégué à la Présidence, chargé de la défense,
Monsieur le secrétaire d’état à la défense chargé de la gendarmerie,
Monsieur le secrétaire d’état à la défense chargé des anciens combattants et victimes de guerre,
Monsieur le chargé d’affaires de l’ambassade de France,
Messieurs les officiers généraux,
Chers camarades, chers amis,

La commémoration de Bazeilles nous réunit une fois encore en ce début d’année, côte à côte, soldats français et camerounais et je vous sais gré, monsieur le ministre d’avoir bien voulu présider cette cérémonie, dans ce club de l’AMT que nous apprécions à sa juste valeur.

Cette fête nous permet de célébrer les vertus d’héroïsme et de ténacité de nos anciens des Troupes de Marine, celles-là même qui deviendront les troupes coloniales dans les rangs desquelles s’illustrèrent tant de combattants camerounais.

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Bazeilles, c’est le sens de la mission menée jusqu’au bout, malgré l’adversité, malgré le découragement, malgré même l’ombre de la défaite qui semble inéluctable.

Ces vertus ne sont pas l’apanage de combattants du XIXème siècle.

Les troupes de marine ou coloniales les ont fait vivre tout au long de leurs engagements et en particulier lorsque de nombreux tirailleurs rejoignirent ici même la colonne LECLERC et vinrent délivrer la France métropolitaine.

Ces vertus, elles doivent animer chacun d’entre nous, sans céder au découragement, sans être effrayé par l’immensité de la tâche à accomplir, c’est ce qui fait notre honneur de marsouin.

Le marsouin c’est aussi celui qui est attiré par le service outre-mer ou à l’étranger. C’est celui qui ressent comme un besoin de rencontrer l’Autre. C’est celui qui croit que la vérité vient du mélange des expériences, du brassage des façons de penser et d’agir et de la quintessence de chacune des cultures.

Nul hasard alors qu’on les retrouve nombreux dans les rangs de la coopération militaire, milieu par excellence du brassage des expériences et des réflexions, seule méthode qui permet aux peuples de construire sans s’ignorer un monde plus harmonieux et plus pacifique.

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Car, nul ne le niera, ce monde est dangereux.

Même au cœur de l’Afrique au sein de sociétés pacifiques et hospitalières, ce monde reste dangereux, nos camarades Kényans en font la triste expérience en ce moment même à Nairobi.

C’est bien dans cet esprit de coopération que nous avons célébré l’an dernier à cette époque l’entrée en vigueur des accords de partenariat en matière de défense entre nos deux pays.

Depuis lors les événements se sont précipités.

D’abord une nouvelle crise en Centrafrique entre Noel et le jour de l’an puis quelques jours plus tard l’intervention française au Mali, l’enlèvement de la famille Moulin Fournier par Boko Haram dont nous saluons avec reconnaissance l’heureux dénouement, puis une nouvelle crise en Centrafrique et la prise du pouvoir à Bangui.

Deux événements diplomatiques vinrent cependant redonner espoir dans cette période trouble : la rencontre entre nos deux présidents le 30 janvier à l’Élysée et la rencontre internationale sur la sécurité maritime à Yaoundé le 25 juin.

Nous sommes heureux du succès de cette conférence et sommes prêts à soutenir le Cameroun dans l’exercice des responsabilités qui lui échoient désormais dans ce domaine.

Nous sommes fiers de l’intervention française au Mali, au profit d’un pays ami même si celui-ci fut défaillant dans la mise en œuvre de son système sécuritaire. Les images récentes de l’investiture du président malien régulièrement élu viennent clairement expliquer le sens du sacrifice des soldats français engagés dans une opération particulièrement difficile.

Mais c’est bien pour soutenir nos amis dans leur système de défense que la France malgré une crise économique que chacun mesure, continue de s’intéresser aux défis sécuritaires de la région. C’est bien pour mettre en commun nos idées, nos ambitions et nos ressources que nous sommes présents ici à vos côtés.

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Pour autant, comme ces sujets relèvent clairement de la souveraineté des états, il est nécessaire que les deux parties s’entendent précisément sur les domaines et les modalités de leur coopération.

C’est le sens du comité de suivi de nos accords qui est en train progressivement de se mettre sur pied.

Je voudrais rassurer ceux qui pourraient en douter, la coopération française continuera évidemment de profiter au partenaire camerounais, cela le fut par le passé à voir le nombre de camarades ici présents formés dans nos écoles mais cela fut aussi répété à l’occasion de la signature de nos nouveaux accords.

Il est encore trop tôt pour définir précisément les domaines dans lesquels s’exercera la coopération de demain mais il y a fort à parier que nous aurons encore pour longtemps à mener côte à côte des opérations de maintien de la paix. Je n’oublie pas en effet le souhait du président Biya de participer à la Force des Nations Unies au Mali. Je n’oublie pas non plus la part de plus en plus importante que le Cameroun prend dans la Mission de soutien à la Centrafrique qui vient de remplacer la FOMAC.

Ces interventions se font désormais avec des standards de qualifications et d’entrainement qu’il est parfois difficile d’acquérir immédiatement sans expérience préalable et la coopération avec des pays amis est alors souvent bienvenue.

Je n’oublie pas nos intérêts communs dans le golfe de Guinée qui nous font constater avec une grande satisfaction les efforts des pays riverains pour en faire une zone plus sûre, pour le commerce et les échanges, vecteur de développement pour tous. La France dont l’expérience et le domaine maritimes sont vastes et anciens pourra, comme il lui a été demandé, apporter son soutien au processus.

Enfin le domaine de la formation déjà particulièrement prépondérant dans nos projets de coopération mérite d’être consolidé même s’il est appelé à évoluer en fonction des aspirations et des besoins de chacun.

C’est l’occasion pour moi de vous présenter les coopérants qui œuvrent au sein de ces organismes de formation et qui vont mettre comme leurs prédécesseurs toute leur énergie au service de nos objectifs communs. (,,,)

Aux côtés de la coopération de défense que j’anime, je ne voudrais pas manquer de saluer l’arrivée de l’attaché de sécurité intérieure, le colonel de gendarmerie Christian Janus responsable des projets de sécurité intérieure, (,,,,)

En cette fête de Bazeilles, je m’en voudrais de ne pas mentionner et de ne pas saluer nos épouses qui ont accepté de partager avec nous cette vie de marsouin et d’expatriés, bien agréable certes par bien des côtés mais qui ne manque pas de difficultés d’organisation en particulier pour assurer la cohérence de l’éducation des enfants malgré des déménagements voire des déracinements successifs. Elles méritent de recueillir la part d’hommage qui leur revient.

Toute cette communauté se réjouit de démarrer cette nouvelle année au Cameroun. Elle est prête à donner le meilleur d’elle-même au profit de nos objectifs de coopération et je ne doute pas que nos camarades camerounais continueront de les accueillir comme des frères d’armes.

Je ne doute pas non plus monsieur le ministre que vous saurez mobiliser les moyens nécessaires au service de nos projets communs, en particulier les ressources humaines qui ont fait l’objet cette dernière semaine de changements importants.

Vous pouvez compter sur le dévouement de toute cette équipe, qui ne demande qu’à participer à vos réflexions et à vous apporter en toute indépendance leur expérience et leur volonté de vous faire atteindre vos objectifs.

Oserai-je rappeler monsieur le ministre une formule qui vous est chère " la coopération, ce n’est pas la pile Wonder elle ne s’use que si on ne s’en sert pas !!!"

Je ne doute pas que cette année, grâce aux travaux que nous allons réaliser dans le cadre du comité de suivi, la coopération franco camerounaise prendra un nouvel essor et qu’elle trouvera la place qu’on attend d’elle, permettant un monde mieux protégé et plus sécurisé au service de nos populations. C’est le vœu clairement exprimé par nos autorités, c’est notre honneur de tout faire pour le mettre en œuvre

Vive la coopération franco camerounaise, vive le Cameroun et vive la France !

Je vous remercie de votre attention et vous propose de chanter tous ensemble l’hymne des troupes de Marine

Dernière modification : 25/08/2015

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