Ariane Cosiaux : retour sur deux ans de volontariat à l’IRD

Ariane Cosiaux a effectué une mission de deux ans en tant que volontaire international au sein de l’Institut de recherche et de développement (IRD) au Cameroun. Elle raconte son expérience. Témoignage.

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« C’est avec une grande satisfaction professionnelle et personnelle que se sont achevées ces deux années de volontariat international en administration (VIA), au sein de l’Institut de recherche et de développement (IRD) Cameroun. Rattachée à l’UMR (unité mixte de recherche) DIADE (diversité, adaptation et développement des plantes) sous l’encadrement de Thomas Couvreur (IRD, DIADE), j’étais basée à l’université de Yaoundé I à l’École normale supérieure, au sein du laboratoire de botanique systématique et d’écologie dirigé par le professeur Bonaventure Sonké.

Étude du raphia

Ce volontariat s’inscrivait notamment dans le cadre du projet RAPHIA de recherche pluridisciplinaire, ayant pour objectif de faire avancer les connaissances scientifiques sur les espèces de palmiers du genre raphia. Ce sont des plantes qui font l’objet de nombreux usages sur le continent africain, mais qui restent paradoxalement moins bien connues scientifiquement. Étant diplômée d’un master recherche en botanique tropicale et spécialisée sur des thématiques d’ethnobotanique/ethnoécologie, j’ai pu durant ces deux ans apporter ma contribution aux axes pluridisciplinaires de ce projet.

JPEG Ainsi, durant les premiers mois de mon volontariat, je suis venue en appui à la collecte des données dans le cadre d’une étude socio-économique sur les produits issus des palmiers raphia au Cameroun. Durant deux missions de terrain (deux semaines à Douala et un mois dans les régions Ouest et Nord-Ouest), environ 240 entretiens ont été menés avec les différents acteurs de la filière raphia en zones urbaines et rurales.

Conservation des palmiers

Par la suite, j’ai travaillé durant plusieurs mois sur l’évaluation du statut de conservation (risque d’extinction) de l’ensemble des palmiers d’Afrique continentale, selon les critères de la liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature. Ce travail s’est déroulé en collaboration avec plusieurs chercheurs : Lauren Gardiner (Herbier de l’Université de Cambridge), William Baker (Herbier de Kew), Suzanne Mogue Kamga (Doctorante, Université Yaoundé 1), Fred Stauffer (Conservatoire et Jardin Botaniques de Genève) et le professeur Bonaventure Sonké.

Les évaluations de 34 espèces (sur les 60 évaluées) sont déjà publiées sur le site de la liste rouge des espèces menacées. Vous pouvez y consulter par exemple l’évaluation d’Eremospatha barendii, espèce de rotin endémique du Cameroun, ou celle du palmier Rônier, Borassus aethiopum. L’ensemble de ce travail a pu être valorisé via deux articles : Cosiaux et al. 2017. An endangered West African rattan palm : Eremospatha dransfieldii. Biodiversity Data Journal : Species Conservation Profile. et Cosiaux et al. (Accepté avec révisions mineurs). Low extinction risk for an important plant resource : conservation assessments of continental African palms (Arecaceae/Palmae). Biological Conservation.

Projet doctoral

JPEG Enfin, ma troisième mission a consisté à élaborer mon propre projet de recherche en lien avec le projet RAPHIA. Grâce à un travail bibliographique important et deux missions de terrain (à Oku au Nord-Ouest et dans la région Ouest), j’ai développé un projet portant sur l’histoire des usages et modes de gestion du raphia mambillensis dans les hautes terres de l’Ouest Cameroun. Ce projet s’inscrit dans une perspective ethnoécologique à l’interface des sciences sociales (histoire, anthropologie) et des sciences de l’environnement (botanique, écologie). Ces deux missions m’ont permis de collecter des données préliminaires et de consolider ma problématique et mes hypothèses de recherche, qui serviront de base à mon projet de thèse. En effet, à l’issue de ce volontariat, je souhaite poursuivre en doctorat. A l’heure actuelle, je suis toujours à la recherche d’opportunités de financements afin de concrétiser ce projet doctoral.

Outre le bilan très positif en termes professionnels, c’est avec plaisir que je reviendrai à Yaoundé, où j’ai apprécié vivre durant ces deux années ».

Dernière modification : 05/02/2018

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