AFD : Vers la pérennisation des programmes de développement rural

Trois conventions de financement ont été signées avec l’Agence Française de Développement (AFD) dans le cadre de programmes d’appui à la formation et au secteur agricole. Des conventions qui viennent consolider le 3ème C2D.

JPEGAu cours des mois de juin et juillet, trois conventions de financement ont été signées concernant des programmes d’appui à la formation et à l’insertion professionnelle (AFOP), d’appui conseil et de financement des investissements productifs (ACEFA) dans le secteur agricole et halieutique ainsi que d’appui à la maîtrise d’ouvrage communale et la décentralisation (PNDP). Le Cameroun et la France ont fait le choix, à travers la 3ème génération du contrat de désendettement et le développement (C2D), de consolider et de pérenniser les acquis de ces dispositifs.

L’économie camerounaise repose essentiellement sur l’agriculture et l’élevage (27% du PIB), pratiqués essentiellement par des exploitations familiales agropastorales (EFA) de petite taille sur une surface moyenne de 2,5 hectares. Ces agriculteurs/trices, qui sont à la fois les managers et les travailleurs de ces exploitations, sont aussi les plus pauvres du pays tout en étant responsables de près de 80% de la production agricole nationale. Pour le gouvernement, l’amélioration de leurs conditions de vie passe entre autres par l’accélération de la croissance agricole en milieu rural.

Structurer une économie rurale durable et productive

Les deux premières phases du programme AFOP ont fait émerger une nouvelle génération d’agriculteurs, bien formés et insérés durablement dans leur milieu. Aujourd’hui, environ 8 000 jeunes post-primaire et jeunes bacheliers ont été formés au cours des six dernières années à travers un réseau de 116 centres publics et privés rénovés. Ces formations ont débouché sur l’insertion professionnelle de plus de 2 500 jeunes avec l’appui de la mission d’Assistance Technique résidente de Montpellier Supagro (Institut national d’études supérieures agronomiques).

Quant aux phases 1 et 2 du programme ACEFA, près de 250 000 exploitations familiales camerounaises (soit près d’un million de producteurs ruraux) bénéficient de conseils en gestion organisationnelle et technico-économique pour leur exploitation, permise par un réseau de 2 000 conseillers et fonctionnaires des ministères agricoles camerounais. Ils sont également appuyés par l’expertise résidente du consortium Ambre Conseil et Cerfrance.

JPEGPour ces programmes, le 3ème C2D innove par la réflexion gouvernementale entamée sur les modalités de pérennisation des acquis de ces dispositifs. Il ambitionne, pour ce qui est d’AFOP, de former au moins 12 500 jeunes et d’en insérer 9 000 dans le secteur agropastoral et halieutique d’ici cinq ans. Quant à ACEFA, il s’agira de fournir des services de conseil à 350 000 exploitations agricoles et d’appuyer financièrement 4 300 projets d’investissements productifs de groupements d’agriculteurs et d’éleveurs.

Les financements apportés, de l’ordre de 88,5 Mds de Fcfa (135 M €), permettront de poursuivre durablement ces dynamiques à l’échelle des dix régions du Cameroun.

Appuyer la gouvernance locale et le processus de décentralisation

Les phases 1 et 2 du PNDP ont contribué entre autres à outiller les 329 communes du Cameroun dans la planification de leur développement et de financer plus de 4 000 infrastructures collectives prioritaires identifiées dans ces 329 Plans communaux de développement (PCD) dans les 10 régions, dans les secteurs de l’eau, de l’assainissement, de la santé, de l’éducation, de l’énergie, des transports et des infrastructures marchandes.

La troisième phase sur financement C2D, aux côtés des ressources IDA et des fonds délégués de l’Union Européenne sur 11ème Fonds Européens de Développement (FED), permettra notamment d’appuyer la formulation d’un plan d’action pour accompagner la réflexion du gouvernement dans les options de pérennisation des acquis du PNDP à horizon 2020 et de mieux diversifier l’offre de service du PNDP. Comment ? Notamment par la mise en place d’une nouvelle ingénierie de planification à l’échelle territoriale et la prise en compte des problématiques de genre et des questions sécuritaires dans les zones de fragilité des régions septentrionales et de l’Est.

Dernière modification : 29/09/2017

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