9ème Comité d’Orientation et de Suivi du Contrat de Désendettement et de Développement (COS-C2D)


9ème Comité d’Orientation et de Suivi
du Contrat de Désendettement et de Développement – (COS-C2D)

Intervention de S.E. Mme Christine ROBICHON,
Ambassadrice de France au Cameroun

(Yaoundé, 28 avril 2015)
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Messieurs les co-Présidents du Comité d’Orientation et de Suivi,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,
Chers collègues,

Je me réjouis que nous nous retrouvions pour faire ensemble un bilan des actions mises en œuvre dans le cadre du deuxième Contrat de désendettement et de développement (C2D), instrument phare de la coopération franco-camerounaise.
En raison de contraintes d’agenda, il n’a pas été possible de tenir cette session de notre comité en décembre comme cela avait été initialement envisagé. Il était cependant important que nous nous réunissions pour ce moment d’échange nécessaire au bon suivi et à la bonne marche du C2D, dans l’attente de notre prochain rendez-vous, en juin qui devra nous permettre d’esquisser les premiers contours d’un troisième C2D.

Je tiens également à vous remercier, Mesdames et Messieurs les Ministres, de montrer une fois de plus, par votre présence, l’importance que vous attachez au C2D.

Comme vous le savez, une revue à mi-parcours du 2ème C2D a eu lieu en octobre 2014. Pour rencontrer l’ensemble des partenaires du C2D, une mission est venue de Paris, composée de représentants du Ministère des Affaires Etrangères et du Développement International, de la Direction Générale du Trésor et de l’Agence Française de Développement.

Cette mission a confirmé la pertinence des programmes développés dans le cadre du deuxième C2D et ce, notamment, au regard de l’accompagnement de politiques publiques portées par le gouvernement du Cameroun, en particulier dans les domaines de la modernisation de l’agriculture familiale et des processus de décentralisation et de mise en capacité des collectivités territoriales.

Elle a en outre retenu que le C2D respectait bien les engagements de la déclaration de Paris sur l’harmonisation, la coordination et l’appropriation de l’aide.

Elle a également constaté l’appréciation globalement positive portée sur la modification des procédures de passation des marchés publics introduite en 2013, appréciation qui s’explique en grande partie par la qualité du dialogue entretenu avec les différentes maitrises d’ouvrage.

C’est là le second enseignement positif que la mission a relevé : la qualité, appréciée par tous, du partenariat entre le Cameroun et la France, que la mise en œuvre du C2D a confirmée et amplifiée. La qualité de ce dialogue tient à l’ancienneté du partenariat et au professionnalisme du Secrétariat technique d’appui dédié à l’exécution du C2D (STADE) et de sa coordonnatrice que je salue ici.

La mission a par ailleurs pris note avec satisfaction du travail accompli pour rechercher et mettre en œuvre des moyens de corriger les effets des lenteurs et difficultés rencontrées dans les procédures d’exécution des programmes, qui, comme nous l’avons ensemble déploré, ont provoqué un stationnement excessif des fonds au compte C2D de la BEAC.

Ainsi, la mission s’est félicitée :
- des efforts engagés en faveur d’une meilleure appropriation des procédures, à l’occasion notamment du séminaire organisé à Kribi, en mars 2014 ;
- de la réactivité et de la souplesse dont a fait preuve notre Conseil d’orientation stratégique en décidant en juillet 2014 de convertir une partie des enveloppes-programme non engagées en aide budgétaire ciblée. Cette conversion s’est depuis traduite dans les faits puisque plusieurs aides budgétaires ciblées ont été mise en place dans les domaines de la Santé, de l’Education et de l’Agriculture, pour un montant total de 11.8 Milliards de FCFA.

Nous ne pouvons que nous féliciter de la bonne réalisation de ces expériences pilotes dont il importera de tirer tous les enseignements dans la perspective du 3ème C2D.

Au bilan de l’année 2014, figure l’engagement des derniers projets du deuxième C2D et en particulier le projet d’appui à trois Capitales régionales (Bafoussam, Bertoua et Garoua) complété d’un prêt souverain de l’Agence française de développement de 65 M€ (plus de 42 milliards de francs CFA). L’ensemble permettra de développer de façon significative les infrastructures et les services au bénéfice des populations de ces trois villes.

L’année 2014 a également été marquée par la livraison des premières classes d’écoles primaires, par le démarrage du programme « chèque santé » dont le lancement officiel est prévu début juin à N’Gaoundére et Garoua, par le démarrage des programmes d’insertion des jeunes à l’issue de leur formation agricole, par le lancement des projets de recherche de l’IRAD et par le démarrage effectif des projets du programme culture. Les efforts des ministères et des Cellules projet ont permis de transcrire concrètement sur le terrain, l’important travail de mobilisation souhaité par notre Comité.

En raison des fortes tensions budgétaires provoquées par le coût de la guerre que l’armée camerounaise mène courageusement contre Boko Haram et afin d’éviter que le remboursement des échéances de la dette du Cameroun dans le cadre du C2D ne vienne accroître ces tensions, alors même que le compte BEAC affiche un taux de stationnement encore important, le Ministre des Affaires Etrangères et du Développement International, Laurent Fabius, a proposé au Président Paul Biya, lorsque celui-ci l’a reçu en audience le 21 février dernier, un moratoire sur les échéances 2015 du C2D.

Cette mesure, proposée par la France et acceptée par le Chef de l’Etat et par le Gouvernement du Cameroun, vise à soulager les finances de l’Etat camerounais au moment où son budget est très fortement sollicité par le coût de la guerre contre Boko Haram. Vous savez tous que dans cette guerre contre le terrorisme, la France est aux côtés du Cameroun.

Le moratoire, objet d’un avenant au contrat du deuxième C2D, consiste en un rééchelonnement des remboursements dus en avril et en octobre 2015 au titre du C2D et dont le montant est de 38 Milliards de FCFA. La restructuration de l’échéancier initial, de façon à permettre la suspension des deux échéances de 2015 engendre un coût de refinancement d’un peu plus de 300 millions de FCFA, que la France a proposé de prendre à sa charge, signe supplémentaire, s’il en était besoin, de son engagement au côté du Cameroun.

Il est important de noter, dans la perspective des réflexions sur le 3ème C2D qui vont nous mobiliser dans les mois à venir, que ce rééchelonnement aura des incidences sur les échéances du prochain Contrat C2D, dont la première avait été fixée en avril 2016.

Il est dès lors proposé de reporter à la mi-2017 cette première échéance du troisième C2D, selon des modalités qu’il conviendra de déterminer entre nous. La France sera à l’écoute du Gouvernement du Cameroun pour garantir la soutenabilité de l’échéancier du prochain C2D.

Messieurs les co-Présidents de notre Comité d’Orientation et de Suivi,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs,

Je ne peux que me réjouir de la qualité des échanges et du dialogue continu entre l’Agence Française de développement, le Service de coopération et d’action culturelle, le Service économique régional et l’ensemble de leurs partenaires camerounais. C’est le signe d’une confiance mutuelle et d’un engagement commun au service du développement du Cameroun et de l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble des populations, sur tout le territoire du pays.

Je vous remercie de votre attention./.

Dernière modification : 21/05/2015

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